‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 48 sur 239 · SCÈNE IV- ARLEQUIN, MEZZETIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IV- ARLEQUIN, MEZZETIN

XEZZETIir.

Je te cherchois. Colombine in*a dit que tu avois servi chez un avocat

ARLEQUI9.

Cela est vrai.

XEZZETIir.

Étois'tu clerc ?

ARLEQUIir.

Non. C'étoit moi qui recousois lei sacs et les étip quettes.

MEZZETlir.

]*ai besoin de toi. Voici la dernière fourberie que ta feras : il &ut que tu plaides la cause de mademoiselle Isabelle devant le dieu de THyménée.

ARLEQUIir.

Et comment m'y prendre ? la profession d^avocat n'est pas si aisée.

XEZZETIir*

Bon ! il n'y a rien au mpnde de si aisé. ( à ptrtO II le fiiut prendre par b gueule. (iMot.) Un avocat va le matin en robe au Palais. Dès qu'il y est , il entre à la buvette , où il mange des saucisses , des rognons , des langues, et boit du meilleur.

ARLEQUIlf.

Un avocat mange des saucisses? Oh 1 si cela est, je

serai avoc<it , et bon avocat ; car je mangerai plus de saucisses qu'un autre : je les aime à la folie.

MEZZETIIV.

D'abord, tu commenceras ton plaidoyer en disant: Messieurs, je parle pour mademoiselle Isabelle « contre son mari , qui est un débauché , un puant, un fou , et autres choses semblables.

ARLEQUIN

Laisse -moi faire, pourvu que les saucisses marchent... •

MEZZETIN

Oh! cela s'en va sans dire. Oh ! çà, prends que je sois le juge ; commence par plaider.

ARLEQUII^.

Je ne puis pas.

HEZZETIir.

Et d'où vient ?

C'est que je n'ai pas encore été à la buvette.

MEZZETIN

Nous irons après : répétons toujours auparavant.

ARLEQUIN

Mais répétons donc aussi la buvette.

MEZZETIN

Voilà une buvette qui te tient bii n au cœur! Tiens,

prends que je sois le juge. ( n fait iembUnt de s'aifeoir daiu nu faateail , pnii dit : ) AvOCat , plaidez.

ARLEQUIN

Messieurs....

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