SCÈNE V
M. SOTINET, PIERROT.
SOTIVET.
Hi bien , que t*a dit monsieur de la GrifTe , mon avocat ? Viendra*t41 bientôt ?
PIERROT
Monsieur, il est bien malade; il ne pourra pas venir : en taillant sa plume, il sVst coupé un peu le doigt ; il dit qu'il ne pourra pas plaider en Tétat où il est.
SOTIffET.
Comment! est-il fou?
PIERROT
Il m*a dit qu'il alloit envoyer un jeune bomme en M pbce, qui plaide comme un diable, et qui vous (en musai bien perdre votre procès que lui-même.
SOTINET.
Cette affaire -là me fera mourir; je n'en sortirai jamais à mon honneur. Ma femme m'a fait assigner devant le dieu d'Hymen; on n'est guère favorable aux maris à ce tribunal-là. Ce qui me fâche le plus , c'est que l'on me fera rendre vingt mille écus que je n'ai point reçus. Allons.
PIERROT
Hé ! monsieur , consolez-vous : il y a bien des gens qui voudroient être quittes de leurs femmes à ce prix-là.
àCÊNE VI.
Le théâtre représente le temple de THyménée , au mîliea daqad est un tribunal soutenu de bois de cerfs et de cornes d'abondance. Le dieu de THymen , vêtu de jaune , avec une très grande mante, doublée de souci et parsemée de petits croissants, sort au son des instruments. Il est précédé de la Joie et des Plaisirs, et suivi dn Chagrin et de la Tristesse. Après^ qu*il a fait le tour du thé&tre , il va se mettre sur son tribunal , qui est entouré tout aussitôt par une infinité d'enfants et de nourrices, qui tiennent des berceaux, des poêlons, des langes, et autres astemîies qui servent à élever les petits enfants.
AURÉLIO, endiea delHymen; COLOMBINE, en avocat, sons le nom de BR A ILL A.RDET ; ARLE- QUIN, en avocat, sous le nom de CORNICHON, M. SOTINET, ISABELLE, plosiearsassuUnt..
BR A.ILLARDET, plaidant.
Pour messire Mathurin-Blaise Sotinet, sous-fermier , contre la dame Sotinet , sa femme , demanderesse en séparation.