SCENE YIL i
ABLXQVIV.
ApiMTomncnt que tous en édex là-haut ?
l'autsum»
Que f en éfois là-haat ! que j'en étois ! Est-ce qn^oa ne recerroit ici , si }en avois été ? Ce n*est pas que je n^aie en cent' fois plus de mérite qu'il ne but pour en rtre. fài été le plus bel esprit de mon temps, et j^ai lait en ma vie plus de cent comédieSb
ARLEQVIV.
Plus de cent comédies !
L'AVTEUm.
Oui y cent ; pent-étre cent cinquante , si tous me fichez* Il n y eut jamais un meilleur naturel que le mien; je rendois une comédie aussi Êicilement qri w autre rend un laTcment. Cest moi qui ai «mriehi les comédiens françois ; et il n y avoit point ^Tcr qœ je ne leur donnasse sept ou huit pièces, iSBit sérieuses que comiques.
AftLCQUIlf.
Et les joooit-on long-temps?
L^AUTEUft*
qo'mie fois ; mais aussi tout Pians yenmt se crerer a la première représentation ; car personne ne TGuloit attendre la seconde , de peur de ne la point Totr*
ranrois cm <|ue c'eût été là le moyen d'euToyer les eomédieiis à FhôpitaL
i38 LA DESCENTE D^AHLEQUIN, «««•
l'auteur.
c'est ce qui tous trompe. Une comédie nouvelle, pour être bonne , ne doit se jouer qu'une fois ; quand elle va jusqu'à deux , ma foi , on s'ennuie. Tai mis le siècle dans ce gout-Ià ; et , si vous y prenez garde , depuis moi, tous les auteurs donnent là-dedans. Ils ont raison, au bout du compte; car, comme les bonnes choses aujourd'hui n'ont point de cours , pour peu qu'une méchante pièce puisse être représentée une fois , voilà les comédiens riches.
ARLEQUIN
Les vôtres étoient donc sur ce pied-là ?
LAUTEUR.
Vous pouvez croire que je me suis mis à la mode tout des premiers. De plus, je n'ai jamais voulu oter au public l'usage récréatif des sifBets. Tout ao contraire , je marquai , dans mes rôles , les endroits où l'on de voit siffler, afin que l'acteur se reposât et qu'il reprit haleine. C'est le jugement qui conduit tout cela.
ARLEQUIN
Et moi je voudrois que les sifflets fussent au diable. Quand cette quinte-là prend au parterre , il démonteroit Titus et Bérénice.
l'auteur.
Je m'étois , de mon vivant , abonné avec un marchand de sifflets, qui étoit , dans son métier, le premier homme du monde.