‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 81 sur 239 · SCENE X. i5i · texte numérisé non relu

SCENE X. i5i

ARLÏQIIIN.

Je prétends à Tavenir que vous baissiez votre rayon d'un grand demi-pied au moins.

GOLOMBTNC.

D'un demi-pied ! je me ferois plutôt couper la tête. Non , non , je demeurerai ici.

AHLEQUIN.

Il vous en restera encore plus d'un grand pied; et un grand pied de rayon doit suffire à la femme d'un musicien.

PROSBRPINB.

Oh 9 oh ! je le crois bien ; je m'en contenterois bien, moi qui suis. Proserpine.

ARLEQUIIC.

Je veux que vous soyez beaucoup plus sage que par le passe, et que vous promettiez de n'aimer désormais que moi.

GOLOMBINB.

Oh ! pour cet article-là , néant. Je ne veux point engager ma conscience. Dans le temps où nous sommes , il n'y a point deiemmes qui puissent promettre cela.

ARLKQUÏIf.

Je veux que les enfants que j'aurai dans la suite ( car il faut recommencer sur'nouveaux frais) soient olevés à ma fantaisie , et j'en disposerai comme de chose h moi appartenante.

COLOMB! IV E

Cela s'en va sans dire.

iSa LA DESCENTE D'ARLEQUIN, etc.

PtUTON.

Hé ! de quoi vous embnrràssez-vous ? puisqu'elle est votre femme, tous les enfants qu'elle aura ne seront-ils pas les vôtres ?

ARLEQUIN

Nego consequentiam. Vous ne savez pas tout le manège de là-haut, monsieur Pluton : il y a tant de pères qui n'ont jamais eu d'enfants!

PLUTON

Après avoir entendu les raisons des uns et des autres , pour vous défrayer des frais de votre voyage, moi Pluton, prince des ténèbres, souverain du Styx et du Phlégéton, gouverneur des pays-bas , président du sabbat , et correcteur né des arts , métiers et professions, je vous permets non seulement d'emmener chacun votre femme , mais toutes celles qui sont en enfer, sans même en excepter Proserpine.

ARLEQUIN

Pour moi , je n'en ai que trop de celle-ci ; mais il y a bien des gens qui ne demanderont pas mieux que de troquer avec vous.

FIN DE LA DESCEfilTE d'aRLEQUIN AUX ENFERS.

HOiMiVIE A BONNES FORTUNES»

COMÉDIE EN TROIS ACTES

RcpréseDlée pour la première fois le lo janvier 1690%

* Dm» r^tmn de 1790 » où les pièces donn^ par Kegnard à k C o i é d ie italiejuie ont M reciinUies, TtHiiteiir 11 siipprimi^ le MM é^ÂrUfmm dans le titre de cette comédie, qui se trouve intl* hike : rjfeMMe à Aomm^ /orhmts. Le Théâtre italien de Ghérardi pwt» : A fiipÊi m , ÂMiiiie«l homm^ fiwitmés. J*ai cru devoir rétablir ce tÊomé^j tritfmm , caractéristique du genre des comédies qui étoieni itpmentèes à cette époque par des acteurs italiens. (G. A. C)

AVERTISSEMENT

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