‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 95 sur 239 · ACTE II, SCENE I. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I. i

ISABET.I.E.

VousTcpousciTz?

BROC ANTIK.

Mais jr croîs que vous AVfz toutes deux l'espril on iVIiarpe. Esl-<"c que je suis hors cl'ilge d'avoir li{<iicc? .•vivci-vous bien que l'on n'a que l'it^e (jue l'on puroît ; i-i monsieur Visaulrou , mon npolliicaire, me disoit <-iieoreee inalîn, en me donnant un remède, que je ni' |uroissois pas qunrante-einq uns,

COI.OMBIME.

Oli ! mon papa , c'est qu'il ne vous voyoil pas au ^isïge.

Bnor.ANTIN.

J'ai ce que j'ai; mais je sais bien que j'ai besoin li'une femme. Je crève de sanlé, et j'ai lrou\é une ■Me comme je la souliaite. belle, jeune, &age,ricbt'; tTtfm , une nUe de basant.

ISABELLE

Une autre fille que moi , qui ne sauroit pas vivre , lous diroit, mon père, que vous risquez beaucoup en vous mariant ; qu'U faut avoir perdu l'esprit pour -onger, à votre fige, h un engagement, et que l'on miferme tous les jours des gens aux Peliles-Mai> ^rnspour de moindres siiieU : mais moi, qui snis If I que je \ous iIdis, sans me [iii'vnloir îles r;ii- 00 le» enianis ont d'uppréliender un second , je vous dirai que , puisque vous crevez i!c Dni fnitcs parËiileracnt bien de pc

i84 L'HOMME A BONNES FORTUNES.

COLOMBIHE.

Pour moi, je vous le conseiHe; car je voudrois que tout le monde fût marié.

BROCANTÏHr.

Oh ! vous prenez la chose du bon biais. Puisque vous êtes si raisonnables, apprenez donc que je suis en pour-parler de mariage ; mais c'est pour vous.

ISABELLE et GOLOMBINE, ensemble.

Ah , mon père !

BROCANTIwi

Ah , mes filles !

ISABELLE

Je vous ai des obligations que je n'oublierai jamais.

GOLOMBINE, se jetant au coa de Brocantin.

Ah , mon petit papa ! que je vous aime !

BROCAIfTIHr.

Je savois bien que cela te feroit plaisir , et que tu n'aurois point de chagrin de voir marier ta sœur avant toi.

COLOMBIJÎfE.

Quoi ! mon père , ce n'est pas moi que vous voulez marier ?

ISABELLE

Non ; on feroit bien mieux de vous laisser passer la première, et d'attendre à me marier que vous eussiez trois ou quatre enfants ! Pour moi , je ne conçois pas cette petite fille-là.

COLOMBINE

Si vous ne me mariez, je sais bien ce que je ferai , moi.

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