ACTE II, SCENE V. igî
ces soupirs-là. Les gens que je vois n'assaisonneat pas leurs douceurs de tabac et d'eau-de-vie.
LE VICOMTE
C'est que vous ne voyez que des courtauds de boutique, ou des gens de robe, Croyez-moi, la belle, il n*est rien tel que de s'accrocher i l'épée. Les fastidieux personnages que vos robins ! Ont-ils le sens commun ? ils font l'amour par articles , comme s'ils dressoient un procès-verbal,
COLOUBIRE.
C'est ce que je dis tous les jours k deux grands baquiers d'avocats, qui sont sans cesse autour de moi à me faire endéver.
LE VICOMTE
Oh! ma foi, le plumet est en amour ce que la moutarde est à la sauce-robert ; i! n'y a que cela de piquant.
COLOHBinS.
le ne sais pas pourquoi mon père a tant d'aversion pour les gens d'épée.
LB VICOMTE
C'est que votre père est un sot.
COLOHBIKE.
Il dit qu'ils sont tous débauchés , et qu'ils n'ont jamais le sou.
LE VICOMTE, eariint.
Débauchés ? Ha, ha ! débauchés ! Ils aiment le vin, le jeu et les femmes; mais, du reste, il n'y a point de gens mieux réglés. Pour de l'argent, je crois V. i3
umitiïcDïGoOgk'
que tant que les femmes en auront , nous n*en maur
querons guère. '
COLOMjDIITE.
Je crpis , monsieur le Vicomte , que , fait comme VQUsétiBs, vou# voyez bien des femme» de çonilition.
LE VICOMTE
Je vepx âtre déshoBoré , votis êtes la ^eqle bourgegise avee qifi je dffl'oge ; mais, à vqjjs parler franchement, toutes les femmes que je vioi^, ay prix de TOUS , c'est , ma fot , de I9 piquette contre du vin de Sillery.
COLOIfBIHE.
Vous dites la même chos^ d^ moi quand VQifs êtes auprès d'une autre ? Dites Ifi venté.
LE VICOMTE
Si vous voulez que je vous parle «ans fard , cela est vrai, et je vais , au sortir d'ici, à deux ou trois rendez-vous , où il faudra bi^n dire que vous êtes une guenon comme les autres. Mais , à propos de guenon, quand nous marions- nous ensemble? Je suis diablement pressé, écoutez, il ne faut pas laisser moifondre l'amour d'un o£Hcier ; pela n'est pas de longue baleine. Quel âge avfZrvous bien ?
CpLOVB|NE.
Je ne sais pas ; mais mon père dit qu'il y a quitorze ans que tpa fja^re ébiit ^psse de moi.
LS yicowTp.
Quatorze ^qg ! Je ne croypis pas que yo)is eqssjez vaillant plus 4^ dijt flu dçtuze iu^pes.
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