ACTE m, SCENE I. 2o
manqne de raison ^ et que le manque de raison est le caractère de la béte ?
ARLEQUIir.
Je n'ai qu'un mot.
LE DOCTEUR
Qui ne sait que volât irrei^ocabile verhum ? qu'on ne se repent jamais de se tarr e , et qu'on s'est repenti souvent d'avoir parlé? Ignfffei-vOUs qUe la nature â donné à l'homnie deux pieds pour marcher , deux bras pour agir , deux narines pour sentir , et Qu'elle ne lui a donné qu'une langue pour parler?
ARtEQBÏIÏ.
Je dis donc...
LE DOCTEUR
Pythagore fitisoit observer le silence à 6ea âîsci|iles pendant sept années.
ARLEIJVlir.
Je le crois.
LE DOCTEBR.
Solon avoit coutume de dire qu'un hOtUtaU qui parle beaucoup est semblable à un tonneau vide, qui &it pl« de btuit qu'un plein.
ARLEQOllir.
Cela est beau.
LE lïOCttOA.
Bias, qu'un grand paf-leur n'étoit autre chose qu'une forteresse sans mtfraillei ,- oAe tiHe sans porte , et un vaisseau sans gouvemiAli JtRtÊQOIBf.
Vous saû^ei donc...
uiriit^'^^vGoOglc
ao4 L'HOMME A BONNES FORTUNES.
LE DOCTEUR
Anaxagore, qu'une béte féroce échappée étoît moins à craindre qu'une langue effrénée et pétulante.
ARLEQUIN
Monsieur....
LE DOCTEUR
Isocrate, qu'il n'y avoit ici-bas que deux choses i faire, écouter et se taire.
ARLEQUIIT.
Taisez-vous donc.
LE DOCTEUR
Tous vos grands discours sont inutiles. Frustmjît perplura quod potestjieri per pauciora.
ARLEQUI».
Hé, monsieur! je n'ai encore rien dit
LE DOCTEUB.
Je sais bien que l'usage de la parole a été donné à l'homme pour expliquer ses pensées.
ARLEQUIN
De grâce.,..
LE DOCTEUR
Je ne vous dis pas qu'il ne faille parler en termes propres , suivant les règles de la grammaire , faire accorder l'adjectif avec le substantif, le nom avec le verbe, te masculin avec le féminin.
ARLEQUIN
C'est ce dont il s'agit, monsieur, du masculin avec le féminin.
LE DOCTEUR
Je ne vous défends pas de mettre en usage les