‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 115 sur 246 · ACTE III, SCENE II. air · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II. air

vous prendroit pour moi. Il y a pourtant un peu de différence. Est-ce que vous allez lever une compagnie de fantassinerie ?

Ne pense pas te moquer; je tâterois fort bien de l'armée, et je n'appréhenderois pas plus le f^u qu'un autre.

PIERROT

Si tous les capitaines étoient faits comme vous, ils pourroient gagner les frais de l'enrôlement, et faire leurs soldats eux-mâmes.

ISABELLE

Je ne mets pas cet habit-ci sans raisorf, Tu sais que mon père veut que j'épouse monsieur Bassinet,

PIERROT

Votre père? Bon! c'est un vieux fou qui radote; et je le lui ai dit, dà!

ISABELLE

Je me sers du déguisement où tu me vois pour détourner ce mariage. Monsieur Bassinet ne m'a jamais vue; il doit venir me voir, et j'attends sa. visite en cet équipage. Je vais lui apprendre des nouvelles d'Isabelle, et je lui en ferai, parbleu, passer l'envie.

PIERROT

Mardi ! voilà une hardie tête â,e ûl\e ! ]'.ii toujours dit à votre père que je ne croyois pas qu'il fût le mari de votre mère quand elle vous afaite. Vous avez trop d'esprit. Qu'en croyez-vous?

umitiïcDïGoOgk'

lia L'HOMME A BONNES FORTUNES.

ISABELLE

Pour moi , Pierrot , je ne m'embarrasse pas de cela; je ne songe <{ii'à faire rompre , si je puis , l'impertinent mariage dont je suis menacée. Mais je crois que voilà monsieur Bassinet; laisse-moi avec lui : je vais commeDcer mon rôle.

PIERROT

Pardi ! c'est lui-même ; il ressemble à un marcassin,

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