‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 151 sur 246 · ACTE I, SCENE VIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIL

appréhendant qu'elle ne fût malsaine , à cause de l'humidité.

MEZZETIIT.

U avoit raison. '

COLOHBINE.

Voyant qu'il faisoit difficulté de rester dans cette chambre-là, et qu'il étoit si civil, je le conduisis dans une autre , qui donne sur la rue , au-dessus de l'écurie.

PIEBROT.

Par civilité ?

COLOHBIHE.

Par civilité. Il me témoigna encore qu'il ne pourrait pas y coucher , à cause qu'étant fatigué et ayant besoin de repos , les chevaux pourroient interrompre son sommeil pendant la nuit.

MEZZETIIT.

Ouais ! voilà un homme bien di£BciIe à coucher.

PIERBOT.

Peut-être pas tant que vous pensez.

C01.0HB11TE.

Je trouvai qu'il n'avoit pas mauvaise raison ; car quand on repose , comme vous savez , dta n'est pas bien aise d'êti'e interrompu. Voyant donc qu'il avoit besoin de repos , et qu'il continuoit toujours avec les manières les plus civiles du monde , je me crus obligée de le mettre dans un lieu éloigné du bruit: Vous savez que ma chambre est au bout du jardin; je l'y menai.

PISRaOT.

Par civilité ?

umitiïcDiGoOglc

COlOMBirtE.

Assurément. Est-ce que tu ne l'aurois pas fait à ma place , dis , Pierrot ?

Sans doute, et j'enragerois qu'un autre fût plus civil que moi.

MEZZETIH.

Voilà du civil qui pourroit bien nous mener au criminel.

COtOMBINE.

Il trouva que ma chambre l'accommodoit assez , et me fît entendre qu'il seroit ravi d'y rester. Je lui dis aussitôt que, puisque cet endroit lui plaisoit, j'y ferois mettre un Ut pour lui à côté du mien.

PIERROT

Par civilité?

COLOMBIRE.

Comment l'entendez-vous donc ? Mais comme il est extrêmement honnête , it refusa l'offre que je lui ' faisois, de peur de m'incommoder, et dit qu'il ne souffiiroit point que ma chambre fut embarrassée pour l'amdur de lui , et qu'il coucheroit plutôt dans l'écurie que de me causer la moindre incommodité.

PIERROT

Obi dans une écurie! Le pauvre jeune homme!

Cela me fait pitié.

. COLCHBIHE.

.Son honnêteté me fendit le cœur : une fille n'est pas de bois ; et voyant que ma chambre lui plaisoit si fort, je lui dis.... mais vous aUez vous fâcher.

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