‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 150 sur 246 · MEZZETIN, PIERROT, COLOMBINE · texte numérisé non relu

MEZZETIN, PIERROT, COLOMBINE

HEZZETin, «iwrteviiit ColombiiM.

QoE vois-je, Pierrot? Ai-je la berlue? Oui.... non.... si fait : c'est elle; c'est ma sœur.

PIEBHOT.

Votre sœur? Je n'en crois rien, monsieur, si je n'y touche.

IfEZZETIN.

C'est elle-même. Et que faites-vous âonc ici, madame la coureuse?

COLOHBIHE.

\Âh, mon frère! ne vous emportez point; je vous âirai....

HEZZETIIT.

Et que me diras-tu, effrontée? Tiens, il me prend envie de faire une capilotade de ton foie, de ta fressure , de ton gésier.

COLOMBIITE.

Mon pauvre Pierrot!...

PIÏBROT.

Mon pauvre Pierrot! Votre frère a raison; j'aime l'honneur, moi; et je ne veux pas qu'une fille coure le guilledou.

HEZZETIK.

Parle donc; dis-moi, quelle raison as-tu eue de

umitiïcDïGoOglc

a68 LES FILLES ERRANTES.

sortir de la maison paternelle, carogne , carognissime ?

PIEBIVOT.

Voulez-vous parier, monsieur, que c'est Famour qui l'a mise en campagne? Les filles sont des vaisseaux qui fie vont d'ordinaire que de ce vent-là.

COLOHBIIirE.

Je vous dirai , mon frère , que sitôt que vous fûtes parti, il vint un jeune cavalier, le plus civil du monde, demander à loger dans notre hôtellerie : pour ne pas paroitre moins civile que lui, je lui fis toutes les honnêtetés dont j'étois capable. Aussi pourquoi me laissez- vous seule?

( Elle plcDK an diutit eu deraieri moU.) PIERROT.

Je vous l'ai toujours dit, monsieur; il faut de ta compagnie aux fîUes , quand ce ne seroit qu'un manche à halai.

HSZZETIIT.

Hé bien ?

COLOHBinS.

Sitôt qu'il fut arrivé, il me pria, mais le pitis honnêtement du monde , de lui donner une chambre. Pour lui faire plaisir, je le menai moi-^nême, par civilité , dans la belle chambre qui est de plainpied à la cour.

PIERROT

Par civilité ?

COLOMBIITE.

Par civilité. Maïs il ne voulut point y demeurer.

umitiïcDïGoOglc

Page 1