ACTE II, SCENE III
Je ne sais qu'un secret pour n'en être point trompée; c'est de les tromper les premiers.
ISABELLE,
Le perfide ! Après m'avoir engagé son cœur par une promesse de mariage !
COLOHBINE.
Promesse de mariage? Ah! je n'y croirai jamais. Trébuchet à dupes, trébuohet à dupes.
Il fut obligé de me quitter pour un duel, 011 il tua son ennemi : Tamour me fit voler sur ses pas; je suis venue à Paris ; je me suis déguisée sous l'habit d'une servante; et sous le nom de Claudine, je suis venue demeurer dans cette hôtellene, où je l'ai revu avec plaisir, dans le temps que je devois l'oublier pour toujours; mais, hélas Ile moyen , quand on aie cœur sincère et qu'on n'est pas née scéléi'ate !
COLOMBtHE.
Oh I il ^ut le devenir ; on ne fait rien en amour autrement ; et la vertu la plus nécessaire à une femme, dans le siècle où nous sommes, c'est un peu d'inconstance, assaisonnée quelquefois de perfidie.
ISABELLE
D'où vient donc , mademoiselle , qu'avec toutes vos connoissances , vous vous êies laissé attraper comme une novice ? Car il me paroît , dans votre histoire , que vous avez été un peu maltraitée, COLOMBINE.
J'avoue que je n'en ai pas été quitte à meilleur V. ig
umitiïcDïGoOgk'
!»9o LES FILLBS ERRANTES.
marché que vous ; mais je oe aavob |>as ce que je sais, et avec ie temps je me rendrai eocore plus connoisseuse.
ISA.BELi.E.
C'est-à-dire, mademoiselle, que vous ueprétendâs pas en demeurer )à, et que voos.ne voulez pas être fille à une aventure.
COLOMBIKE.
J'ai quitté Rome^ comiBe vous, pour suivre un amant infidèle appelé Octave. Ciathio est. veou à la b'averse pour prendre parti sous, mes étendards; et, si vous ne me l'aviez fait conooitre pour, un déserteur de profession , je né sais: si je ne l'aurois pas enrôlé. IDamel en temps de guerre on prendcequeTontrouye.
ISABE&LE.
Quel bonheur , mademoiselle , de pouvoir changer si facilement,! et que je serols Qtmtenle si , pour tue venger de mon infidèle , je le pouvois haïr autant (^'il le mériti^!
coj:,ombihk.
mie K(^8 embarrassez point de votre vengeance ; remettez, seulement vos intérêts, entre le& Rraios d'une coquette de ce paju-cî , dont il sera amoul'Au^ti jo vous, promets qu'elle k fec&aller bon train.
I^A3ELXB>
Non i non ; je nq me croiroîs pas. assez? vengée d* m'en rapporter à^ une itutre. Si une l^mme l'aHnoit une fois, elle raimerwt toujours; et puis on n'est p4Mt^ât)>e p%i>.sujette au i^iaDgement eu France."
umitiïcDïGoOglc