‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 166 sur 246 · ACTE n, SCEÎ*E Ht agi · texte numérisé non relu

ACTE n, SCEÎ*E Ht agi

co^tonrBiiri.

Oh! l'on n'a gardé! Vous ne savez donc pas qtie Paris est la boutique de la légèreté ? il ne vient point d'étranger qui n'en Cmpôi'te sa provision. Ror! je ■vous <K» que c'est le magasin dé toute rinconfftanM qui se débite en Europe.

ISASËLlË.

Est-il possible ? Je ne l'aurois janiaiis cru. Héfas I epand un François dit qu'il vous aime , il vous le dît d'une manière si tendra et si passionnée, qu'il sembla que son amour doive durer pour h moins vingt ans speès SB mort.

COlO'M'BIlîe.

Vingt ans sfprès sa mort!... Eli! oui.... Les femmes aeroient trop heureuses si leur tendisse duroit seiitement vingt jours-.

Vous me surprenez.

co'LoMiire.

La vm-iété de leurs modes ne marqœ-t-eHe pa»

l'tiuïtnratance de leur humeur i* AujounPhui ils portent des peiTuques qui leur pendent jusqu'aux genoux , demain ils en auront d'autres qui ne leur pueront pas les^reî)tes;>lssont'quelquetbisbabtHés le plus simplement du monde, deux jours apfès it &Ut le» chef<^«r dans leurs: dentelles et teurs-rUbans ; tantôt ils sont serré» dans leurs habits et em^ paquetés comme dies moinies, et quelquefois unO pièce de drap ne suftît pas pour leur faire une manche '

umitiïcDïGoOgk'

aga LES FILLES ERRANTES.

d'été : enBn, tout «st girouette dans un François, depuis les pieds jusqu'à la tête.

ISABELLE

Cela peut être vrai'pour l'ajustement et la manière de s'babiller ; mais pour le cœur , je ne les crois point si sujets au changement.

COLOMBIME.

Oh! vous avez raison ; ce sont des miroirs de fidélité. Voulez-vous que je vous représente un François qui veut surprendre la tendresse d'une jeune personne? Premièrement, je vous avertis que la braise n'est pas plus chaude. Ah, ma chère enfant! ma princesse! que de beautés! que de charmes! Les dieux, ont-ils jamais rien fait d'aussi parfait que vous? Son, mon amour ne peut aller plus loin , et je suis au dé^ espoir de n'avoir que des termes ordinaires pour vous l'exprimer. Voulez-vous que j'expire à vos pieds? Vous ne me dites rien. Il faut donc mourir, puisque votre cruauté l'ordonne! Là-dessus, on pleure, on laisse échapper un gros soupir, on se donne de la tête contre un coin de la cheminée : il n'en feul pas davantage; voilà une femme dans la nasse.

ISABELLE

Mais vraiment, je le crois bien; un homme qui s'explique de la sorte est fort aimable. Le moyen de résister à ces gros soupirs-!à ! J'avoue qu'il ne m'en faudroit pas beaucoup d'un pareil style pour me persuader. Je sens que j'ai le cœur françois.

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