ACTE II, SCENE III. agS
COLOMBIHE.
Voilà qui est le plus joli du inonde ; mais regardons le revers de la médaille. Je m'en vais vous faire voir un François sur son retour de tendresse , c'està-dire huit jours après la déclaration.
Voyons.
COLOHBIIfE pu» d« l'aalrc cA(c , et conirerait l'imaut Bt la mattrcfie alternalÎTcnunl.
Ma foi, madame, je suis bien las de vos manières ; je ne viens pas chez vous que je n'aie quelque sujet de chagrin. — Vous y venez si peu, monsieur, qu'au moins n'en avez-vous pas souvent. ^ Parbleu , madame , on a ses affaires. — Quand vous commenciez à m' aimer , vous n'en aviez point d'autres que votre amour. Est-ce là la tendresse que vous m'aviez jurée?
— Mais, madame, cela ne peut pas toujours durer.
— Vous m'aviez tant fait de serments que votre passion seroit éternelle! — Madame, je le croyois, — Ingrat ! infidèle ! — Oh ! madame , point d'injures : vous pouvez mettre écrîteau à votre porte; prendra le bail de votre cœur qui voudra; adieu.... Voilà mon François parti.
ISABELLE
Mais vraiment, mademoiselle, si cela est comme vous voulez me le faire entendre , un François pour une femme n'est pas une meilleure pratique qu'un Italien.
umitiïcDïGoOgk'
394 LSS FILLES ERVANTE3.
COLOM91S1.
encore pis. Croyez- moi , tenons-nous conuoe aous toaiBies. Pour moi , infidèle pour infidèle , j'aiiae autant Octave qu'ua autre. Adieu, insdenoiEelle ; je vous promets que je n'entrepr^idrai rien sur le cœur de votre amant, et qu'à mon égard vous n'aurez point sujet de crier au voleur.
I8A.hSJ.hB.
Un cœur est pourtant un larcin dont les femmes aujourd'hui ne se font pas grand scrupule.
(Scènas italiennes.]