ISABELLE, COLOMBINE, M. DE THOTENVILLE
nultre k àmici , lat au pclit cluTil.
TROTEITVILI.B.
Je crois , mademoiselle , que vous n'avez pas l'honneur de me connoître ; mais quand vous saurez que je m'appelle monsieur de la Gavotte, sieur de Trotenville, vous devinerez aisément que je suis nuùtre à danser,
ISABELLE
Votre nom , monsieur, est assez connu dans Paris; et j'espère devenir une bonne écolière, ayant pour maître le plus habile homme du métier, TBOTEHVri-LE.
Ab , madame ! vous mettez ma modestie hors de cadence ; et quand on n'a , conune moi , qu'un mérite léger et cabriolant, pour peu qu'on l'élève par des louanges un peu fortes , il court risque , en tombant, de se casser le cou.
COLOHBIITE.
Miséricorde ! que monsieur de Trotenville a d'esprit!
Il est vrai que voilà une pensée qui est tout-à-fait bien mise en œuvre; c'est un brillant,
TKOTEHVILLE.
Pour de l'esprit , mademoiselle , les gens de notre
umitiïcDïGoOgk'
profession en regorgent. Eh ! quienauroit, si nous n'en avions pas? Nous sommes tous les jours parmi tout ce qu'il y a de gens de qualité. Je sors présentement de chez la femme d'un élu , où je me suis fait admirer par mon esprit; j'ai deviné une énigme du Mercure galant. Vous savez, madame, que c'est là présentement la pierre de touche du bel esprit.
COLOHBINE.
Ah ! par ma foi , les beaux esprits sont donc lûen communs ? car la moitié du Mercure n'est remplie que des noms de ceux qui tes devinent. Pour vous, monsieur, vous n'avez pas besoin que Ton imprime le vôtre , pour faire connoître votre mérite au public ; on sait assez que vous êtes l'honneur de l'escarpin. Mais je vous prie de me dire pourquoi Vous avez un si petit cheval.
THOTEKVILLE.
3'avois autrefois un carrosse à un cheval ; mais mes amis m'ont conseillé de changer de voiture , afin de ne pas causer une erreur dans le public , qui prend souvent, dans cet équipage-là , un maître à danser pour un lévrier d'Hippocrate.
COLOMBIffE.
Vous devriez bien avoir un carrosse à deux chevaux : depuis que l'on ne joue plus, il y a tant de chevaliers qui en ont à vendre.
• TBOTEWVILtE.
Je ne donnerois pas ce petit cheval-là pour les deux meilleurs chevaux àé Paris ; c'est un diable
umitiïcDïGoOglc