SCENE V
M" PINDARET, COLOMBINE.
M"° PINDARET.
Je prends toujours la précaution de me faire escorter de ce iivre-là , quand je vais en visite de femmes, pour me dédommager des minuties de leur conversation.
COLOMBINE
Voilà ce qui s'appelle mettre à profit jusqu'à son ennui.
M"" PIHDASET.
Êtes- vous comme moi , ma chère? toutes tes visites de femmes me donnent la colique.
COLOMBINE
Non , madame , je ne suis point d'une complexion si délicate. A vous dire le vrai , j'aime beaucoup mieux la conversation des hommes, et je voudrois parfois qu'il n'y eût que moi de femme au monde.
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388 l'A COQUETTE.
M" PJHDAAET.
Vous auriez de la chalandtse. J'allai voir , il y a quelque temps , une marquise ; je ne fiis qu'un quart d'heure avec elle , c'étoit pendant la canicule : sa conversation ne laissa pas de m'enrliumer si fort, que je me suis mise au gruau pendant trois semaines pour en revenir.
coLOHsrnE.
Cela étant , madame , quand vous allez en visite de marquise, de crainte de vous enrhumer une seconde fois, il laudfoit feire porter un manteau fourrr avec votre Juvénal.
M"* PIHDABET.
Vous ne sauriez vous imaginer jusqu'où va l'ignorance de cette femme-làJ
COLOHBIKE.
Une femme de qualité ignorante ! Vous me sqpprenez.
M*' PINDARET.
Ignorantissime ! Croiriez-vous?.,. Mais non; cela n'entre point dans l'esprit.
COLOMBIHE.
Mais encore?
M~ PirrUARET.
Croiriez-vous qu'elle ne put Jamais me dire dans quelle olympiade mourut Épaminondas ?
COLOMBIHE.
Ah, ciel! quelle ignorance! En vérité, madame, vous fûtes bien heureuse d'en Être quitte pour un
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