ISABELLE, COLOMBINE
COLOMBIITE.
DiED merci, madame, ce que je demandois est enfin arrivé : nous plaiderons , morbleu ! nous plaiderons ! la gueute du juge en pétera , et je ne souffrirai pas que vous soyez plus long-temps le rendezvous des violences de monsieur Sotinet. Vous ne serez plus madame Sotinet, ou j'y perdrai mon latin. Je viens de consulter un avocat de mes amis sur votre alTaîre. Bod ! il dit que cela ira son grand chemin , et
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go LE DIVORCE.
qu'il y auroitlà de quoi faire casser aujourd'hui vingt mariages.
ISABELLE
En vérité , Golomhine, j'ai eu bien de la peine à me résoudre à ce que tu as voulu. On va me tympaniser par la ville , et je vais donner la comédie à tout Paris.
COLOMBINE
Ah ! vraiment , nous y voilà ! on va vous tympaniser! Eh! mort non pas de ma vie, madame, c'est vous éterniser , que de faire un coup d'éclat comme celuilà ! Diles-moî , je vous prie , auroit-on tant d'empres- ■sement à lire l'histoire galante de certaines femnies , si une séparation ne les avoit rendues célèbres ? Sauroit-on ta magnificence de madame Lycîdas , en justauco^ps de soixante pistoles, les discrétions qu'elle perd avec son galant, si ellen'avoitpas plaidé contre son mari? et l'on n'auroît jamais connu tout l'esprit d'Artémise , sans ses lettres , qui ont été produites à l'audience. Je vous le dis , madame , il n'y a rien tel que de bien débuter dans le monde , et voilà le plus court chemin. On avance plus par là en un jour d'audience qu'en vingt années de galanterie; et vous me remercierez dans peu des bonsavis que je vous donne.
ISABELLE
Il falloit donc , Colombine , que je m'apprisse de longue main à mépriser, comme ces femmes dont tu me parles , les chimères et les fantômes de réputation et d'honneur qui font peur aux esprits simples
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