‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 1 sur 273 · COMÉDIES DE REGNARD · texte numérisé non relu

COMÉDIES DE REGNARD

10UBE8 AU THB\TaB FRAVÇOIS BT AU TH^ATEB ITAI.IBH9 SUITAKT I.'oRDBB CHBOXOLOGIQUB y AYEG I.E8 XOTBS TIBBBS DBS AVEC- DOTB8 D&AMATIQUES.

Lie Ditorcb , comédie en trois actes et en prose , précédée d'un prologue ; jouée , pour la première fois , en 1688 , au Théâtre italien.

Cette pièce n'ayant pas réussi entre les mains du célèbre Dominique , elle avoit été rayée du catalogue des pièces que Von reprenoit de temps en temps. Cependant Ghérardila choisit pour son coup d'essai en 1689, et elle euttantde bonheur entre ses mains, qu'elle plut généralement, et fiit extraordinairement suivie.

Ijl Descente de Mezzetin aux Enfers, comédie en trois actes et en prose, avec des scènes italiennes, donnée à l'ancien Théâtre italien en 1689.

La mort de Dominique fit qu'il n'y eut point de rôle d'Arlequin dans cette pièce , ce qui étoit une grande gêne pour un auteur de ce théâtre.

L'Homme a bonnes fortunes , comédie en trois actes et en prose, mêlée de scènes italiennes, et la critique de cette pièce en un acte; au Théâtre italien en 1690.

Regnard fit lui-même la critique de sa pièce dans II. I

a CATALOGUE

une comédie en un acte et en prose ; jouée dans la même année.

Lbs Filles Errantes, comédie françoise et italienne, en trois actes et en prose ; donnée à lancien Théâtre italien en 1690.

La G^qvstyb, ou l'Acadbmie ncs Dames , comédie en trois actes et en prose ; donnée à lancien Théâtre italien en 1691.

On désireroit que les Éditeurs des Œuvres de ce poète comique y eussent inséré quelques scènes des pièces que cet auteur a données au Théâtre italien.

Les Chinois, comédie en quatre actes, précédée d'im prologue, en société avec Dufipesny; doanée à Tancien Théâtre itaUen ea 169:»..

On apprend , dans le dénoÀnaent et cette pièce , cpxe ks comédiens m prenoient ^icove que iS sous peur entrer aw parterre, ààas le temp& ^'ib la repi'é* sentoient , et que Tusag^e die donaer la eomédie ^rratis , en réjouissance de quelque événement favorable, étoit dé^ établi*

La Bagueits sa Vulgai», coviédie en un acte en prose et en vers^ avec un divertissement, suivie de Y Augmentation de la Baguette ^ ea société avec Du* firesny; donnée au Théâtre itallea en 169}.

Le nommé Jacques Aymar , qui laîfiok alors du bruit à Paris , par sa baguette , avec laquelle il prétendoit découvrir bien des choses ^ donna lieu à plu^urs^ dissertations physiques , et Courmt Vidée de cette comédie. Elle eut mn succès prodigieux dans^ sa nouveaiuté. Les auteurs ajoutèrent , pendant le cour» des repirésentations , trois scènes nouvelles , sous le titre èiAugmen^

tation de la Baguette de Fulcain; et Roger, ou Arlequin , débitoit à cette o<$casibn' la fable (Tun eabaretier, qui, pour perf^étuet^ iltl muicl dé vin vieux que ses pratiques avoiëtit trouvé de leur goftt , le retriplksoit à mesure de vin nouveau.

LaNaissakcb d^Amaois, parodie d*Ainàdis de Gaulé, en un acte; donnée à l'ancien Thé&tr« italien , le lo février 1694.

Attendez- MOI sotts Hoïkikty comédie éti un àctisï et en prose y avec un divertis^ment ; doilnée au Théâtre françois, le tg mai 1694*

La SÉRiBirADB, comédie en uii adte et'éh'pi^se, àVec un divertissement ; donnée au Théâtre françois ,- le 3 juillet i694.

Cette pièce , qui a toujours été attribuée à Regnard , est imprimée dans ses Œuvres, <|uoiqu elle soit réellement de Dufresny, qui, se trouvant Un jour manquer d'argent, lavoit cédée à Regnard pour la somme de 3oo livres. Il est étonnant que Regnard ait souffert que Ion ait fait imprimer sous son nom l'ouvrage d un autre , et plus étonnant encore qu'il ait lui-même contribué à cette erreur, en s'appropriamt cette pièce. Voilà ce que disent les auteurs du Mercure , année 17249 et ceux de Y Histoire du Théâtre Jrançois. '

La Foire Saint-Germain , comédie en Un acte et en prose, avec un divertissement, en société avec Dufresny; donnée au Théâtre italien eh 1695:

On ajouta depuis à cette pièce là s^bène dés câfrro^es.

' Ou croit SToir prouvé que ceUe pièce appartient réellement à Hegnard. (Voyez à ce sujet rAyertisiement qui précède Attendes.' rttai sous l'ormê, )

Ce qui y donna lieu, fut laventure de deux dames; qui, chacune dans un carrosse, s'étant rencontrées dans une rue de Paris trop étroite pour que deux voitures y pussent passer de front , ne voulurent reculer ni Tune ni l'autre , et ne cessèrent de tenir la rue , jusqu'à l'arrivée du commissaire , qui , pour les mettre d'accord , les fit reculer en même temps chacune de son côté.

Regnard et Dufresny ayant donné au Théâtre italien la Foire Saint^Germain , comédie qui eut be^iucoup de succès , Dancourt en composa une d'un acte sous le même titre, quitomha; et les Italiens, pour s'en moquer, ajoutèrent ces deux couplets à la leur:

MBZZBTIir.

Deux troapes de marchands forains

Vous Tendent da comique; Mais si pour les Italiens

Votre bon goût s'explique »

Bientôt l'un de ces deux Toisins

Fermera sa boutique.

ARLBQUIV.

Quoique le panyre Italien

Ait eu plus d'une crise , Les jaloux ne lui prennent rien

De Totre chalandise :

Le parterre se connoit bien

En bonne marchandise.

Les Momies d'Égtpts , comédie eh un acte et en prose, avec un divertissement, en société avec Du» fresny ; donnée au Théâtre italien en 1696.

Cette pièce étoit en quelque sorte la suite de la co* médie de la Foire Saint^GemuUn des mêmes auteuis ;

la scène continuant d*ètre dans les boutiques de la Foire.

Le Bal, ou le Bourgeois de Falaise , comédie en un acte et en vers , avec un divertissement ; donné#au Théâtre françois en 1696.

Le Joueur, comédie en cinq actes et en vers ; donnée au Théâtre firançoîs en 1696.

Dufresny, en société avec Regnard, composa durant plusieurs années pour le Théâtre italien ; cette liaison Fengageoit à faire part de ses idées à son ami. Il lui communiqua plusieurs sujets de comédie près* que achevés, entre autres ceux du Joueur et SlAU tendezriïwi sous Forme , dans le dessein d y mettre ensemble la dernière main, et de les faire paroître sur la scène Françoise f maisRegnard , qui sentoit la valeur de la première de ces deux pièces, amusa son ami , fit quelques changements à l'ouvrage , et le donna sous son nom aux comédiens. Ce fait étoit connu de tous les amis de Dufresny, auxquels ce dernier l'a raconté plusieurs fms en se plaignant d'un larcin qui ne convient , disoit-il , qu'à un poète du plus bas étage. Pour n'en avoir pas le démenti , Dufresny donna un autre Joueur ( le Chevalier joueur ) en prose.

Les deux pièces ayant été représentées, celle de Regnard eut un grand succès^ l'autre tomba.

Ce n'est point à tort que Dufresny revendiquoit le fond de cette comédie , qu'il prétendott que Regnard lui avoit pris. Ce dernier abusa effectivement de la confiance que Dufresny lui témoigifa; et pour accélérer sa pièce , il se servit de Gacon , à qui il en fit faire la phis grande partie. Ce fut à Grillon où Regnard

avoil une maison de campagne qu'il aimoit bes^ucoup. Il enfermoit Gacon dans une chambre , d'où ce dernier n avoit la liberté de sortir qu'après avoir averti par Ja fenêtre cpmbien il avoit fait de vers , sur la prose dont Regnard lui donnoit le qapev$is. C'est de Gacon lui-même que l'on tient cette anecdote. '

Le Distrait, comédie en cinq actes et en vers; donnée au Théâtre français en 1697.

Cette comédie, qui n'e^^t que quatre représentations dans sa .nouveauté , ne fut reprise quen i73i ; mais elle le fut avec l^eaucoup de sucqès.

. Le ca,ractère du ,Disirs^t est cppié d'après celui qui se ti;ouve ,dans les Caracùres de La Bruyère , qu oa Youlpit être le portrait de M. ^e c^mte de Brancas.

Le Qf rnjVV^l p^e Venise , opéra ou coméd ,

en quatre actes , musique de Campra ; représenté sur le théâtre de TOpéra en 1699.

* Deaiocrite, comédie en cinq actes et en vers ; donnée au Théâtre françois en 1700.

L'uuité de lieu n'est pas observéïc dans cette pièce, la scène changeant au secoi^d acte. Ce défaut étoit par* donnable à Alexandre Hardi, mais non à un poète qui est venu après Molière ] il auroit été fort aisé de réparer cette fau^t^e, en si^pprimant le premier acte, et ajoutant à l'exposition, qui ne se fait qu'au commencement du suivant, quelques vers.qi^i auroieot appris au spectateur par quelle aventure Criséis et Démocrite se trouvent à la cour d' Athènes \ mais ce n'étoit pas

' Voyez rAvertiftseraent en tête du Joueur, où Ton réfute cette assertion, et où l'on prouve que Dufresny a eu moins de part qu'on ne se rimagine au succès de cette comédie.

l'intention de lauteur; il auroit ùlhx quil sacrifiât toutes les plaisanteries qu'il, a placées dans ce jNnemîer acte , et cet acte lui étok d autant plus prédeux qu'il n auroit su ootnment y suppléer , attendu que h ^èce est assez vide d'acùom^ et ne se soutient que par le secouis des scènes épisodiques. *

Le Retour imprétu, comédie en vm acte «t en prose; donnée au Théâtre françois en 1700.

Les Folies amoureuses , comédie en trois actes et en vers , avec un prologue et un divertissement intitulé le Mariage de la Folie; donnée au Théâtre françois en 1704.

Les Méhechmes, comédie en cinq actes et en vers , avec un prologue ; donnée au Théâtre françois en 1 705 •

« Ce fut moi , dit M. de Losme de Montchesnai , « qui raccommodai Regnard, poète comique , avec H M. Despréaux. Ils étoient près d'écrire l'un contre «• l'autre, et Regnard étoit l'agresseur. Je lui fis en- R tendre qu'il ne lui convenoit pas de se jouer à son « maître ; et depuis sa réconciliation y il lui dédia ses « Ménechmes. » Despréaux disoit de Regnard, qu'il n'étoit pas médiocrement plaisant.

Les MénechmeSy comédie de Rotrou, imitée de Plante^ représentée en i63a , n'ont pas été inutiles à Regnard pour la composition de ses Ménechmes^

Le Légataire universel, comédie en cinq actes et en vers; donnée au Théâtre françois en 1708. La fourberie de Crispin, qui dans cette pièce contre-

' Voyez rAyertissement de Démocrite , où l'éditeur répond ù cette critique.

* Voyez rAyertissement qui précède les Ménechmes*

8 CATALOGUE, btc.

6dt le moribond pour dicter un testament , est la copie d'un ùdt yéritable ^ arrivé du temps de Regnard. On a, néanmoins blâmé cet auteur d'en avoir fait usage dans sa comédie. Mais Regnard a peut-être pensé que les tours d'adresse étant les sûretés des fripons, ne pouvoient être trop divulgués. L'auteur fit lui-même la criti^e de son propre ouvrage , en ime comédie en un acte en prose, qui fut jouée à la suite du Léga^» taire; mais elle réussit peu.

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