ACTE I, SCENE VL
HECTOR
Mîiis si, sans vouloir rire, Tout alfoit comme j'ai l'honneur de vous le dire. Et qu'Angélique enfin pût changer....
VALÈRE
En ce cas , Je prends le parti.... Mais cela ne se peut pas.
HECTOR
Si cela se pouvoit, qu'une passion neuve....
VALÈRE
En ce cas, je pourrois rabattre sur la veuve, La Comtesse sa sœur.
HECTOR
Ce dessein me plaît fort.
Taime un amour fondé sur un bon cofFre-fort.
Si vous vouliez un peu vous aider avec elle, Cette veuve, je crois , ne seroit point cruelle; Ce seroit une éponge à presser au besoin.
VAL ÈRE
Cette éponge, entre nous, ne vaudroit pas ce soin.
HECTOR
C'est, dans son caractère , une espèce parfaite , Un ambigu nouveau de prude et de coquette, > Qui croit mettre les cœurs à contribution , Et qui veut épouser ; c'est là sa passion.
VALÈRE
Épouser?
HECTOR
Un marquis, de même caractère.
aoS LE JOUEUR.
Grand épouseui* aussi , la galope et la flaire.
YALÈRE.
Et quel est ce marquis?
HECTOR
C*est, à vous parler net, Un marquis de hasard fait par le lansquenet; Fort brave , à ce qu'il dit , intrigant , plein d'afFaires; Qui croit de ses appas les femmes tributaires; Qui gagne au jeu beaucoup , et qui , dit-on , jadis Étoit valet de chambre avant d'être marquis.
Mais sauvons-nous, monsieur ; j'aperçois votre père.