II
VA LE RE, à part.
Damon m'en doit encor deux cents sur sa parole.
HECTOR, le tirant par la manche.
Monsieur , écoutez-moi ; calmez un peu vos sens ; Je parle d'Angélique, et depuis fort long-temps.
VALÈRE, avec distraction.
Ah! d'Angélique? Hé bien, comment suis-je avec elle?
HECTOR
On n'y peut être mieux. Ah, monsieur ! qu'elle est belle! Et que j'ai de plaisir à vous voir raccroché !
VAL ÈRE, avec distraction.
A te dire le vrai, je n'en suis pas fâché.
HECTOR
Comment! quelle froideur s'empare de votre âme! Quelle glace! Tantôt vous étiez tout de flamme. Ai-je tort quand je dis que l'argent de retour Vous fait faire toujours banqueroute à l'amour? Vous vous sentez en fonds, ergo plus de maîtresse.
VALÈRE
Ah! juge mieux, Hector, de l'amour qui me presse. J'aime autant que jamais ; mais sur ma passion J'ai fait, en te quittant, quelque réflexion. Je ne suis point du tout né pour le mariage.
Des parents, des enfants, une femme, un ménage, Tout cela me fait peur. J'aime la liberté.
HECTOR
Et le libertinage.
VALÈRE
Hector, en vérité,