‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 192 sur 273 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

VALÈRE, M- GROGNAC.

VAL ARE

yooi ! toujours opposée à toute une famille ?

M™ GROGNAC.

Oui.

Vous ne voulez point marier votre fille ?

M** GROGI9AG.

Non.

VALÈRE

Quand on vous en parle , on vous met en courroux.

m"*' GROGNAC.

Oui.

VALÈRE

Vous ne prendrez point des sentiments plus doux ?

M"' GROGKAC.

Non.

34o LE DISTRAIT.

VA-LÈRE

Fort bien ! Non , oui , non : beau discours ! vos répliques Me paroissent, pour moi , tout-à-fait laconiques. Mais, pour mieux raisonner avec vous là-dessus, Et pour rendre un moment le discours plus diffus, Dites-moi , s'il vous plaît, la véritable cause Qui vous fait rejeter les partis qu'on propose. Ce fameux partisan, par exemple , pourquoi?...

M™ GIIOGNAC.

Hé fi, monsieur! fi donc! vous radotez, je croi: Il est trop riche.

VALKRE.

Ah ! ah ! nouvelle est la maxime.

m"** grognag.

6agne-t-on en cinq ans un million sans crime ? Je hais ces fort-vêtus qui , malgré tout leur bien, Sont un jour quelque chose, et le lendemain rien.

VALKRE.

Et ce jeune marquis , cet homme d'importance? Vous ne lui pouvez pas reprocher sa naissance : Il a les airs de cour, parle haut, chante, rit; 11 est bien fait ; il a du cœur et de l'esprit.

m"* grognac.

Il est trop gueux.

valère.

Fort bien ! La réponse est honnête; Et vous avez toujours quelque défaite prête.

Il s'offre deux partis , vous les chassez tous deux: Le premier est trop riche , et le second trop gueux.

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