‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 34 sur 273 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

SCAPÏN»

Il y a toujours quelque chose à reÊdre aux filles.

MARINE

Et ton maître ?

Il se porteroit assez bien , s'il avoit un peu plus d'argent.

MABINE.

Je n'ai jamais connu un gentilhomme plus gueux que celui-là.

Monsieur Grifon son père est bien riche , mais il est bien ladre.

MARINE

Nous nous en apercevons.

Tel que tu me vois , je sers mon maître sans gages , et incognito.

MARINE

Comment, incognito?

s CAP IN.

Oui : monsieur Grifon ne sait pas que son fils a l'honneur d'être à moi ; il ne me connoît pas même. Je loge en ville , et je vis d'emprunt

MARINE

Tu fais souvent mauvaise chère.

Assez. Gela n'empêche pas que je ne nourrisse quelquefois mon maître quand il est mal avec son père.

MARINS

Voilà un beau ménage !

0GAFIN.

Hé! dis-moi un peu....

Je n'ai rien à te dire. Tiens , rends cette )cttre-Ià à ton maître.

SGÂPiir.

Gomme tu fois , Marine î Regarde-moi un peu.

MARllTE.

Hé bien , que me veux-tu ?

SGAPIir.

Vous plairoit-ii seulement, ô beauté léoparde ! me dire le contenu de celte lettre?

MARINE

Je n'ai pas le temps.

SGAPIN.

Tu me romps si souvent la tête de ton babil , quand^ je te prie de ne dire mot.

MARINE

J'aime à faire le contraire de ce qu'on souhaite.

SCAPIN

Lç beau naturel ! Je te prie donc de te taire , Blarine : c'est le moyen de te faire parler.

MARINE

Je parlerai , s'il me plaît*

ftCAPIN.

Et tant qu'il te plaira.

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