SCENE VIL
M. GRIFON.
Ne t'en mets point en peine ; ce sont mes affiiires.
SCAPISr, àTalère.
Oui, monsieur, que monsieur votre père vous donne seulement une bellc-raère bien faite, belle, jeune, et laissez-le faire ; vous serez ravi qu il se soit remarié , sur ma parole.
M- GRIFON.
Oh! je suis sûr qu'il en sera content. C'est une fille à qui il ne manque rien. Ce que je voudrois de vous maintenant , monsieur de l'Opéra , ce seroît que vous m'aidassiez à donner une petite sérénade k ma maitresse.
scAPiir.
Une sérénade , dites- vous? Vous ne pouvez mieux vous adresser qu'à moi. Musique italietine , fraoçoise; je suis un homme à deux mains.
M. caiFOV.
Tout de bon?
SCAPIN
Demandez à monsieur votre fils. Je suis le premier homme du monde pour les sérénades : il m'en doit encore deux ou trois.
VALÈRE
Oui , mon père.
SCAPIN
Ce n'est pas pour me vanter, mais en cas de chanteurs , symphonistes , viohstes , téorbistes , clavecinistes , opéra, opérateui's, opératrices, raadelonistes ,
catinistes, margotistes , $i difficiles qu'elles soient , j'ai tout cela dans ma manche.
M. GRÏFON.
Je voùdrois une sérénade à bon marché.
SCAPIN
Je ménagerai votre bourse; ne vous mettez pas en peine. Il ne nous faudra que trente-six violons , vingt hautbois , douze basses j six trompettes , vingtquatre tambours , cinq orgues , et un flageolet.
H. GRIFQN.
Eh , fi donc! voilà pour donner une sérénade à tout un royaume.
SCAPIN
Pour les voix, nous prendrons seulement douze basses, huit concordants, six basses-tailles, autant de quintes , quatre hautes-contre , huit faussets , et douze dessus , moitié entiers et moitié hongres.
M. GRIFON.
Vous nommez là de quoi faire un régiment de musique.
SCAPIN
Il ne faiit pas moins de voix pour accompagner tous les instruments. Laissez-nous faire. Je veux qu'il y ait dans cette musique-là une espèce de petit charivari qui conviendra merveilleusament bien au sujet. Nous allons , monsieur votre fils et moi , donner maintenant les ordres pour....
M. GRIFOir.
Attendez. On doit m'amener ma maîtresse ; je suis