SCENE IV. i
S'arrache les cheveux.
MERLIir.
Autant en fait Valère.
A table, aux Entonnoirs, dans un grand embarras, Le pauvre diable attend sa vie ou son trépas. *
LISETTE
U peut donc maintenant, puisque l'affaire est faite , Mourir quand il voudra.
MERLIir.
Quoi ! ma pauvre Lisette , Laisserons-nous crever un pauvre agonisant?
LISETTE
N'as-tu point de remède à ce mal si pressant ? Quelque élixir heureux , quelque once d'émëtique ?
HERLIN.
Mais toi , ne peux-tu rien tirer de ta boutique ? J'ai fait le diable à quatre.
LISETTE
Et j'ai fait le dragon , Moi. J'attends même encore un mien parent Gascon , A qui j'ai fait le bec, et qui, ce soir, s'engage A venir traverser ce maudit mariage.
MERLlir.
Et quel est ce Gascon que tu mets dans l'emploi ?
LISETTE
C'est un fourbe, un fripon, à peu près comme toi.
MERLIN
Comme moi , des fripons ! Fijac seul me ressemble.
LISETTE
C'est lui.
i36 LE BAL;
MERLIir.
Je le verrai , nous agirons ensemble.
Si Valère pouvoit seulement se montrer
LISETTE
Bon ! ceb ne se peut. Comment pouvoir entrer? Tout le monde au logis vous connoit l'un et Tautre.
MERLIN
Ne sais-tu pas encor quelle adresse est la nôtre? On m'a dit que ce soir on doit danser, chanter.
LISETTE
On me Ta dit ainsi.
MERLIV.
J'en saurai pro6ter« Aidenious seulement.
LISETTE
Je suis prête à tout faire.
MERLIN
Et moi je te promets que si , dans cette affaire , Mon maître, plus heureux , épouse incognito y Je pourrai t'épouser de même ex abrupto.
LISETTE
Depuis que mon mari, par grâce singulière, D'un surtout de sapin, que l'on appelle bière. Dont on sort rarement , a voulu se munir.
J'ai fait vœu d'être veuve, et je le veux tenir.
MERLIN
Oui-dà, l'état de veuve est une douce chose : On a plusieurs amants, sans que personne en glose Et l'on fait justement, du soir jusqu'au matin ,