‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 107 sur 279 · FRONTIN · texte numérisé non relu

FRONTIN

En cai d'amant, ce qui est à faire vaut mieux que ce qni est fait.

SUR LE JOUEUR. i8i

Un bon cœur, gënërenx et sincère.

rmoHTiN.

Oh ! mon mattre ne se pique point de ces niaiseries-là ; nais y en récompense , c'est le plus ensorcelant petit scélérat, on tour de scélératesse si galant, que les femmes ont an plaisir i se laisser tromper par lui.

J'espère qu'Angélique reviendra de ce plaisir-là.

FaOKTlN.

£lle n'en reriendra qu'après la noce.

HiaiHE.

Si je puis la rattraper dans quelque moment raisonnable....

paovTiif.

Si mon maître peut la rattraper dans quelque moment dénisonnable..M etc.

Void comment Regnard rend les mêmes idées :

MiaiHB.

Que fiait Yalère ?

HZCTOB.

U dort.

n ^aiNE.

Il faut que je le voie.

HECTOR

Va^ mon maître ne Voit personne 'quand il dort..;. Quand se lèvera-t-il ?

HECTOR

Mais , avant qu'il se lère , Il faudra qu'il se couche, et franchement.... etc.

i82 AVERTISSEMENT

Angélique , entre nout , seroit extravagante De rejeter Tamour que pour elle a Dorante; Lui, c'est un homme d'ordre, et qui vit congràmene»

HBCTOa.

L'amour te plait un peu dans le dérèglement,

iriaxirs. Un amant fait et mùr.

HEGTOA.

Les filles, d'ordinaire, Aiment mieux le fruit vert.

L'entrée du Joueur sur la scène est aussi à peu près la même dans les deux pièces. Dufresny ne fait paroitre son Joueur qu'au second acte^ et le fait parler ainsi :

LE CKEVALlEft, doniMDt ton manleso k Frontiii. Pourquoi m'ôtes-tu mon manteau^ bourreau que tu es?

raovTzir.

C'est TOUS qui me le donnez,

LE CBEVALIEE.

Tf e Tois-tu pas que je veux ressortir ?

raoïTTiH.

Le sommeil vous seroit plus utile que..,.

LECHEYALIEA.

llemets-moi mon manteau , raisonneur. . •• Irai-je encore. ...

(Le Cheffllifr se promène k grandi pai, et Froniin le «nit foolant mettre «on mantean lor ae« épaolei , etc. )

Que Ton (onsulte maintenant la scène quatrième du premier acte du Joueur j on retrouvera les mêmes idées; mais quelle diiTérence dans l'expression du caractère ! Le Chevalier est un bourru

SUR LE JOUEUR. i83

de sang froid; l'autre est y entablement unyoï^i^r emporte^ à qui des revers de fortune ont trouble

la raison.

Cette scène présente encore des traits de ressemblance très frappants^ et qui^ s'ils ëtoient rapprochés 9 ne seroient pas à l'avantage de Du-

fresny.

Une idée charmante ^ qui appartient incontes* tablement à celui-ci ^ et qui ne se trouve point dans la pièce de Regnard^ est le trait qui suit :

LB GHETALIBB.

Un fauteuil.. M (l\ iWied«) Je suis ablmë; j'en ai 1 obligation & un homme j un homme « Frontin , uq seul homme qui ne sait partout.

Est-ce un de ces joueurs prudents qui ne donnent rien au hasard ?

LB CHBTALIBB.

Non , je n'ai jamais joué contre lui.

VBOMTXir.

Et comment tous a-t-il donc abîmé ?

LE ghetalxbb; >

Il a la rage de me porter malheur en s'appuyant sur le dos de ma chaise. C'est un écuraeur de réjouissance qui a la face longue d'une toise : dès que je le Tois , ma carte est prise.

Ce trait de caractère n'auroit pas échappé k Regnard ; et s'il eût effectivement mis à contribution les idées de Dufresny^ il n'auroit pas négligé celle-ci.

i84 AVERTISSEMENT

La scène du Traité de Se'nèque se trouye dans les deux poètes. Nous rapportons la manière dont elle est rendue, par Dufresny; c'est à la fin de la troisième scène du deuxième acte.

LE GBEYALIER.

Je Youdrois ne me point abandonner à mes réflexions ; va me chercher un livre.

F & o K T I N tire an papier .

Si vous voulez lire un petit ouvrage d'esprit.... ( lie Chevalier prend le papier. ) qui court les rues ; c'est sur la pauvreté. Je suis curieux de voir tout ce qui s'écrit sur la pauvreté , car il me revient sans cesse dans l'idée que nous mourrons tous deux sur un fumier.

LE GHBVALfE&f regardant fixement le papier sana le lire.

Trois coupe-gorge de suite !

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