I.A COMTSSSS
Frontin , votre mémoire ridicule se monte k cinq ou six mille livres : vous Ile m'aviez parlé que de deux milfe.
raoïTTiir. \
Ne vous le dîsois-je pas? Donnez-moi deux mille livres^ TOUS y gagnerez les deux tiers.
Nous bornerons là notre examen. Les scènes que nous venons de citer sont celles des deux pièces <]ui ont le plus de ressemblance : elles paroissent en quelque sorte calquées les unes sur les autres. Quel est celui qui les a produites le premier? c'est ce qu'on ne sauroit dcîcider. Les préjuges cependant sont favorables à Rcgnard; sa comédie a paru la première^ et la manièi^ originale dont il a rendu ses scènes sembleroit prouver qu'elles lui sont propres.
D'ailleurs^ comme on Ta dit plus haut^ eu accordant à Dufresny le mérite de l'invention^ il faut avouer que Regnard a tellement embelli ses pensées 9 qu'il leur a en quelque sorte donné une nouvelle existence; et Dufresny^ en faisant
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paroltre son Ches^alier joueur après la comédie de Regnard^ a été la dupe de son amour-propre.
U a mis le public à portée de faire un parallèle qui ne lui étoit nullement avantageux; et sa chute ^ comme s'expriment des auteurs du temps^ n'a servi qu'à augmenter le triomphe de son adversaire.
Quelques années après (en 1709), Dufresny a donné une comédie intitulée la Joueuse , dans laquelle il emploie la plupart des scènes de son Chesf aller joueur ; mais cette pièce n'eut point de succès.
Tant de désagréments ne le rebutèrent pas. II mit en vers cette dernière comédie , et se proposoit de la faire représenter de nouveau; mais il a été surpris par la mort ayant l'exécution de ^on projet, et cette pièce en vers est une de celles qu'il fît brûler sous ses yeux quelques heures avant sa mort.
Le Joueur de Regnard est resté sur notre scène^ dont il £ait un des plus beaux ornements. Cette comédie est une de celles que l'on donne le plus fréquemment, et que le public ne se lasse point de voir.