‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 13 sur 279 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LISETTE, PASQCÏN.

L18ETTE

Chr vient à bout de tout en ce monde , quand on sait prendre chacun par son £bible ; les hommes par les femmes, les femmes par les hahiu. Çà , il faut à présent nous assurer de ton maître.

PASQUIN

Il est chez le notaire ; il finit qu'il repasse par ici pour aller chez Agathe , et je l'arrêterai pendant que tu iras te déguiser en veuve.

LISETTE

Récapitulons un peu ce déguisement. Tu es bien sûr que ton maître n'a jamais vu la veuve ?

PA^SQUllf.

Assurément. Sur la réputation qu'elle a dans Poitiers d'être fort riche , mon £m£iron s'est vanté qu'elle éloit amoureuse de lui. Pour se venger, elle a pris plaisir à se trouver masquée à deux ou trois assemblées où il étoit , de faire la passionnée ; en un mot , de se moquer de lui , trouvant toujours des excuses pour ne se point démasquer, b'est une gaillarde qui &it mille plaisanteries de cette nature pour égayer son veuvage.

^fi LISETTE.

Puisque cela est ainsi, je contreferai la veuve comme si je Tétois.

PASQUIir.

Tant pis; car on ne sauroit bien contrefaire la veuve , qu'on n'ait contrefait la femme mariée. L'habit est-il prêt ?

LISETTE

Oui.

Voilà mon maître qui vient.

LISETTE

Amuse-le pendant que je me déguiserai ; et après, tu iras avertir Agathe qu'elle vienne nous surprendre ; tu la feras écouter notre conversation. Laisse-moi faire.

. SCÈNE yiIL

PASQUIN.ieol.

Comment lui tournerai-je la chose? Mais il ne faut ^ pas tant de façon avec mon maître. Un homme qui se croit aimé de toutes les femmes en est aisément la dupe.

Page 1