LE MARQUIS, VALÈRE
LE MARQUIS
SwEz-voos (pù je suis ?
TALÈRE.
Je n*ai pas cet honneur.
LE MARQUIS, ji pirU
Courage; allons. Marquis , montre de la vigueur:
Il craint. Je suis pourtant fort connu dans la ville ;
El, si vous lignerez, sachez que je fau6le
Avec ducs , archiducs , princes, seigneurs, maiM^uis,
£t tout ce que la cour offre de plus exquis ; Petits-maîtres de robe à courte et longue queue.
'évente tes beautés et leur plais d'une lieue.
le m'érige aux repas en maître architriclin ' ;
'e suis le chansonnier et I ame du festin, suis parfait en tout. Ma valeur est connue ; ae me bats jamais qu'aussitôt je ne tue :
De cent jolis conib.7ls jriiu: Miii démêlé;
a68 LE JOUEUR.
J'ai la botte trompeuse et le jeu très brouillé. Mes aïeux sont connus ; ma race est ancienne ; Mon trisaïeul étoit vice-bailli du Maine.
J'ai le vol du chapon : ainsi , dès le berceau , Vous voyez que je suis gentilhomme manceau.
VALÈRE
On le voit à votre air.
LE MARQUIS
J'ai, sur certaine femme, Jeté 9 sans y songer , quelque amoureuse flamme. J'ai trouvé la matière assez sèche de soi ; Mais la belle est tombée amoureuse de moi.
Vous le croyez sans peine : on est fait d'un modèle A prétendre hypothèque , à fort bon droit , sur elle ; Et vouloir faire obstacle à de telles amours , c'est prétendre arrêter un torrent dans son cours.
VALÈRE
Je ne crois pas ^ monsieur , qu'on fût si téméraire.
ÏE HARQUIft.
On m'assure pourtant que vous le voulez faire.
VALi:nE.
Moi?
LE MARQÙKS.
Que, sans respecter ni rang ^ ni qualité ^ Vous nourrissez dans l'âme une velléité De me barrer soti cœur.
VALÈRE
C^est pure médisance ; Je sais ce qu'entre nous le sort mit de distance.