‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 159 sur 279 · LE MARQUIS, VALÈRE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, VALÈRE

LE MARQUIS

SwEz-voos (pù je suis ?

TALÈRE.

Je n*ai pas cet honneur.

LE MARQUIS, ji pirU

Courage; allons. Marquis , montre de la vigueur:

Il craint. Je suis pourtant fort connu dans la ville ;

El, si vous lignerez, sachez que je fau6le

Avec ducs , archiducs , princes, seigneurs, maiM^uis,

£t tout ce que la cour offre de plus exquis ; Petits-maîtres de robe à courte et longue queue.

'évente tes beautés et leur plais d'une lieue.

le m'érige aux repas en maître architriclin ' ;

'e suis le chansonnier et I ame du festin, suis parfait en tout. Ma valeur est connue ; ae me bats jamais qu'aussitôt je ne tue :

De cent jolis conib.7ls jriiu: Miii démêlé;

a68 LE JOUEUR.

J'ai la botte trompeuse et le jeu très brouillé. Mes aïeux sont connus ; ma race est ancienne ; Mon trisaïeul étoit vice-bailli du Maine.

J'ai le vol du chapon : ainsi , dès le berceau , Vous voyez que je suis gentilhomme manceau.

VALÈRE

On le voit à votre air.

LE MARQUIS

J'ai, sur certaine femme, Jeté 9 sans y songer , quelque amoureuse flamme. J'ai trouvé la matière assez sèche de soi ; Mais la belle est tombée amoureuse de moi.

Vous le croyez sans peine : on est fait d'un modèle A prétendre hypothèque , à fort bon droit , sur elle ; Et vouloir faire obstacle à de telles amours , c'est prétendre arrêter un torrent dans son cours.

VALÈRE

Je ne crois pas ^ monsieur , qu'on fût si téméraire.

ÏE HARQUIft.

On m'assure pourtant que vous le voulez faire.

VALi:nE.

Moi?

LE MARQÙKS.

Que, sans respecter ni rang ^ ni qualité ^ Vous nourrissez dans l'âme une velléité De me barrer soti cœur.

VALÈRE

C^est pure médisance ; Je sais ce qu'entre nous le sort mit de distance.

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