SCÈNE IX
LE MARQUIS/LA comtesse.
LS MARQUIS
A non bcuiheur enfin , madame , tout conspire : Vous éles tout à moi.
LA COMTESSE
Que voulei-vous donc dire , Manittis?
LE MAEQriS«
Que mon amour n*a plus de concurrent; Que je suis et serai votre seul conquérant ; Que si vous ne battet au plus tôt la chamade , Il Eiudra vous résoudre à souffrir Tescaladc*
LA COMTESSE
Moi ! que Ton m^escalade ?
LE MAKQFIS*
Entre nous , sans £i^n « A Talère de près j Vi serre le bouton :
Il ma cêdë les droits qu^il avoit sur votre âme.
LA COMTESSE
Hé! le petit poltron!
LE MAEQ0tS.
Oh ! palsambleu « madame « Il seroit un Achille « un Pompée « un César, Je vous le conduirois poings lies à mon char. II ne fant point avoir de mollesse en sa vie.
a84 LE JOUEUR.
Je suis vert.
LA COMTESSE
Dam le fond, j'en ai Tâme ravie.
Vous ne connoissez pas. Marquis, tout votre mal; Vous avez à combattre cncor plus d'un rival.
LE MARQUIS
Le don de votre cœur couvre un peu trop de gloire Pour n'être que le prix d'une seule victoire. Vous n'avez qu'à nommer....
LA COMTESSE
• Non , non , je ne veux pas Vous exposer sans cesse à de nouveaux combats.
LE MARQUIS
Kst<!e ce financier de noblesse mineure,
Qui s'est fait depuis peu gentilhomme en une heure;
Qui bâtit un palais sur lequel on a mis
Dans un grand marbre noir , en or , l'hôtel Damis ;
Lui qui voyoit jadis imprimé sur sa porte ,
Bureau du pied-fourché,* chair salée et chair morte;
Qui, dans mille portraits, expose ses aïeux.
Son père , son grand-père , et les place en tous lieux ,
En sa maison de ville , en celle de campagne ,
Les fait venir tout droit des comtes de Champagne ;
Et de ceux du Poitou , d'autant que, pour certain,
L'un s'appeloit Champagne et l'autre Poitevin ?
LA COMTESSE
A vos transports jaloux un autre se dérobe.
LE MARQUIS
c'est donc ce sénateur, cet Adonis de robe,