‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 217 sur 279 · ACTE II, SCENE I, 3Gt · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I, 3Gt

CARLIK.

Sortant d'une maison, l'autre jour, par bévue , Pour son carrosse il prit celui qui dans la rue Se trouva le premier. Le cocher touche , et croit Qu'il mène son vrai maître à son logis^ tout droit. Léandre arrive, il monte, il va, rien ne Tarréte; Il entre en une chambre où la toilette est prête , Où la dame du lieu , qui ne s'endormoit pas , Attendoit son époux couchée entre deux draps. Il croit être en sa chambre ; et , d'un air de franchise , Assez diligemment il se met en chemise , Prend la robe de chambre et le bonnet de nuit ; Et bientôt il alloit se mettre dans le lit.

Lorsque l'époux arrive. Il tempête , il s'emporte , Le veut faire sortir , mais non pas par la porte ; Quand mon maître étonné se sauva de ce lieu Tout en robe de chambre , ainsi qu'il plut à Dieu. Mais un moment plus tard , pour t'achever mon conte , Le maître du logis en avoit pour son compte.

LISETTE

Ton récit est charmant. Mais, raillerie à part. Dis-moi, qu'avez- vous fait depuis votre départ?

CARLIK.

Nous venons, mon enfant, de courre un bénéBce.

LISETTE

Un bénéfice , toi ?

CARLIK.

Pour te rendre service.

Mais nos soins empressés ne nous ont rien valu ;

Et le diable a lur noiv jeté ton dévolu.

LllITTt.

Explique-toi donc mieux.

CAItlR.

Ab, Lisettel j'enrage.

Noire espoir dam le port vient de faire nau5vge. Nout croyiona hériter, du c6lé maternel « D'un oncle.... ah «ciel! quel oncle! il »t oncle éternel. Nous attendions en paix que son Ame à toute beure PaasAt de cette vie en une autre meilleure; Nous le IfliiHioni mourir k sa commodité ; Quand, un beau jour enGu, le eiel , parrharité, A fait tomber sur lui deux ou trois pleun'sies, Qu'escortoient eu chemin nombre d'apoplexies. Nous partons aussitôt, faisant partoM^res, Sun de trouver déjà le bon homme ad patres.

yisM folet vain espoir t vermisseaux que nousM Comme le del se rit des vaJnt projets des h Écoute la noirceur de ce maudit vieillard.

LIXBTTI.

Vous fites arrivés sans doute un peu trop tard , Kl quelque autre avant vous..,.

CARLIir.

Non.

LISKTTI.

Il auroit peut-être Kn faveur de quelqu'un désliérité ton maître?

CARLIK.

Poini

Page 1