‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 219 sur 279 · LIA ET TE · texte numérisé non relu

LIA ET TE

Votre course n'a pas produit grand avantage.

les frais du voyage :

j 364 LE DISTRAIT.

Mais nous avons laisse Poitevin tout exprès Pour prendre sur les lieux nos petits intérêts. • Il doit de temps en temps nous donner des nouvelles ; Et nous nous conduirons par ses avis fidèles.

LISETTE

Sans avoir donc rien fiiit, vous voilà de retour! Je vous applaudis fort. Mais comment va Tamour? Ton mattre aime toujours ?

CARLIir.

Cela n'est pas croyable.

Je le vois pour Glarice amoureux comme un diable, C'cftt-à-dire beaucoup; mais comme il est distrait, Son esprit se promène encor sur quelque objet Le dédit que son oncle a fait pour Isabelle Partage son amour, et le tient en cervelle.

Je sais que ta maîtresse a de naissants appas , Et surtout de grands biens, que Clarice n'a pas; Mais mon mattre est fidèle , et son âme est pétrie De la plus fine fleur de la galanterie :

Il ne ressemble pas à quantité d'amants ; C'est un homme , morbleu , tout plein de sentiments.

LISETTE

Mais , s'il aime Clarice ensemble et ma maîtresse , Que puis-je faire, moi , pour servir sa tendresse ? Les épousera-t-il toutes deux?

CARLIir.

Pourquoi non ?

Il le fera fort bien dans sa distraction.

C'est un homme étonnant et rare en son espèce :

Page 1