‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 238 sur 279 · ACTE III, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IL

LE CHEVALIER

Lisette est en courroux. Çà, changeons de discours. Comment suis-je avec vous? M'adorez-vous toujours? Cette maman encor fait-elle la hargneuse?

C'est un vrai porc-épic.

ISABELLE

Elle est toujours grondeuse :

Elle- m'a depuis peu défendu de vous voir.

De me voir? Elle a tort. Sans me faire valoir. Je prétends vous combler d'une gloire parfaite; Car ce n'est qu'en mari que mon cœur vous souhaite.

ISABELLE

En mari! mais, monsieur, vous êtes chevalier : Ces gens-là ne sauroient, dit-on, se marier.

LE CHEVALIER

Quel abus! Nous faisons tous les jours alliance Avec tout ce qu'on voit de femmes dans la France.

LISETTE, eotendant madame Groguao.

Ah! Madame Grognac!

ISABELLE

Ail! Monsieur, sauvez-vous.

Sortez. Non, revenez.

LISETTE

Où nous cacherons-nous?

LE CHEVALIER

Laissez, laissez-moi seul affronter la tempête.

LISETTE

Ne vous y jouez pas. Il me vient dans la tête

Un dessein qui pourra nous tirer d'embarras.

Elle sait votre nom , mais ne vous connoît pas : Nous attendons un mattre en langue italienne; Faites ce maître^à, pour nous tirer de peine.

Elle approche , elle vient. O ciel !

LE CHEVALIER

C'est fort bien dit.

En cette occasion j'admire ton esprit.

J'ai, par bonheur , été deux ans en Italie,

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