‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 257 sur 279 · LE CHEVALIER, CLARICE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, CLARICE

LE CHEVALIER

Veux-tu que sur ce point je m'explique en bon frère ? Tu sais bien qu'entre nous nous parlons assez net. Un hymen, quel qu'il soit, n'est point du tout ton fait. Te voilà faite au tour, nul soin ne te travaille; Et le premier enfant te gâteroit la taille.

Crois-moi , le mariage est un triste métier.

CLARICE

Mon frère, cependant, tu veux te marier.

4i4 LE DISTRAIT.

LE CHEVALIER

Le devoir d'une femme engage à mille choses ; On trouve mainte épine où l'on cherchoit des roses : Le plaisir de l'hymen est terrestre et grossier.

CLARICE

Mon frère , cependant , tu veux te marier.

LE CHEVALIER

Parlons à cœur ouvert , et confessons la dette. Je suis un peu coquet , tu n'es pas mal coquette : Notre mère Tétoit , dit-on , en son vivant ; Nous chassons tous de race, et le mal n'est pas grand. Si quelque amant venoit frapper ta fantaisie. Tu pourrois avec lui faire quelque folie.

Mon frère, cependant....

LE CHEVALIER

Tu vas te récrier, Mon frère , cependant , tu veux te marier.

Quel diable ! tu réponds toujours la même prose.

CLARICE

Mais tu me dis aussi toujours la même chose.

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