SCENE XVIII. io
pinisir et l'honneur de m'enseigner le logis de monsieur Grifon ?
M. GRIFON.
Que lui voulez-vous à monsieur Grifon ?
SCAPIN
Avoir l'avantage de lui rendre un petit billet que monsieur Mathieu m'a fait l'honneur de me donner, afin que ledit sieur Grifon me fasse la grâce de me compter deux mille huit cents livres , restant à payer pour un collier que ledit sieur Grifon a acheté dudit sieur Mathieu.
M. GRIFOir.
C'est moi qui stiis monsieur Grifon. Et où est le bUlet?
scAPiir.
Le voilà , monsieur ; je ne viens qu'à bonnes enseignes. Vous aurez, s'il vous plaît , la bonté de m'expédier.
M. GAIFOir.
Oui , voilà récriture de monsieur Mathieu ; mais je ne vous connois pas pour être à lui.
SGAPIN.
C'est une gloire que je ne mérite pas, monsieur: je suis seulement son compère , Isaacnlérôme-Boisme Rousselet , maître marchand fripier ordinaire privilégié suivant la cour : si l'on peut vous y rendre quel- <[ue service , vous n'avez qu'à disposer de votre petit serviteur.
M. GRIFON.
le vous suis obligé.
io4 LA SÉRÉNADE.
SCAPIW.
J'ai des amis en ce pays-là : mon frère est apprenti partisan chez le commis du secrétaire de l'intendant d'un homme d'affaires, et mon oncle est le sous-portier de l'hôtel des Fermes.
M. GHIFON.
Ces amis-là sont quelquefois plus utiles que d'autres.
scAPiir.
Il est vrai , monsieur. J'ai autrefois , par leur moyen, tiré mon parrain des galères, et je sauvai l'année passée une amende honorable à monsieur Mathieu ; c'est ce qui fait qu'il a beaucoup de confiance en moi.
M. GRIFOIV, à part.
Voilà un garçon bien ingénu; c'est dommage qu'il lui manque un œil.
SCAPIN
J'abuse de votre loisir, monsieur; mais ce n'est pas ma faute; avec deux mille huit cents livres , vous serez débarrassé de mes importunités, et je prendrai congé de vous quand il vous plaira.
M. GRIFOIC, àpftrt.
Quel original ! (luat.) Oui , oui, je vais vous apporter de l'argent, vous n'avez qu'à attendre.