‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 58 sur 279 · SCAPIN, VALÈRE, LÉONORE, MARINE · texte numérisé non relu

SCAPIN, VALÈRE, LÉONORE, MARINE

scAPiir.

Mais voici mon maître avec sa maîtresse : il ne me reconnoîtra pas.

LioirORE.

Comptez , Valère 9 que rien ne me peut faire

changer.

VALERE

Ah, charmante Léonore! que vous devez me parottre adorable avec de pareils sentiments I

SGAPIir.

Monsieur 9 je vous donne le bonjour. Y a-t*il longtemps que vous êtes en cette ville ? Vos affaires vontelles bien? Comment gouvernez -vous la joie avec cette aimable enfant ?

VALèRE.

Que me veut cet ivrogne-là ? Qui étes-vous 9 mon

ami?

le suis un honnête garçon , qui connois vos be-

io6 LA SÉRÉNADE.

soins , et qui viens vous ofîrir deux cents pistoles que me va donner monsieur votive père..(n âte son empUtre. )

VALÈBE.

c'est toi , Scapin ? Qui t'auroit reconnu ?

SGAPIir.

Vous voyez , monsieur, ce qu'on fait pour vous. Par ma foi , voilà un méchant borgne.

« YALÈRE.

^ Et tu as trouvé le moyen de tirer deux cents pistoles de mon père ?

SCAPIN

Il va me les livrer. J'ai encore un collier à escamoter ; mais j'aurois besoin tout à l'heure de quelques gens de main.

VAL^RE

Tout à l'heure? Et. où veux-tu que je les cherche à présent?

MARINE

])Ionsieur , je suis à votre service. Pour la main , je l'ai aussi bonne que la langue.

SCAPIN

Toi? mais serois4u fille à travailler de nuit ?

MARINE

Pourquoi non ? c'est dans ce temps-là que je triomphe. J'ai deux ou trois filles de mes amies qui ne mV bandonneront pas dans le besoin.

SCAPIN

Bon , bon ; il ne me faut pas de plus vaillants cfaam-

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