‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 70 sur 279 · SUR LE BAL · texte numérisé non relu

SUR LE BAL

(jette comcdic a été rcpresentce pour la première fois le jeudi 1 4 juin iCH)6y sous le titre du Bourgeois de Falaise. Elle a été imprimée sous ce même titre dans la première édition qui a été faite de cette pièce dans sa nouveauté. Depuis , Fauteur Fa nommée le BaL C'est sous ce dernier titre qu'elle a reparu au théâtre ^ et qu*elle se trouve imprimée dans toutes les éditions des Œuvres dcf Regnard.

Le personnage de Sotencour est celui que Tautcuravoit regardé comme le principal de sa pièce, et qui avoit donné lieu à sa première dénomination; mais ce bourgeois ridicule n'étoit qu'une mauvaise copie de Pourceaugnac ; et comme la pièce n'avoit réussi qu'à l'aide de deux personnages subalternes, Mathieu Ctvchet et le Gascon Fijac, le poète a cru devoir supprimer le premier titre, et a intitulé sa pièce le BaL

Ou peut en effet justement reprocher à Regnard Imvralsemblance et la foîblesse de l'intrigue de cette pièce. Ces défauts ne sont pas rachetés par

ia4 AVERTISSEMENT

un comique soutenu ; et s'il y a quelques scènes plaisantes ^ il y en a plusieurs autres qui sont froides et inutiles.

Sotencour^ comme nous l'avons remarqué^ n'a rien de saillant ^ et ne présente point un caractère d'un comique décide. Il arrive du fond de la Normandie pour faire une description ridicule des appas de sa maîtresse^ qu'il n'a jamais vue. On ne dit point que ce soit la fortune du beau-père qui le décide à ce mariage y de sorte qu'on ne sait ce qui Ta déterminé a venir de sa province chercher femme à Paris.

Le stratagème qu'on emploie pour le dégoûter de sa belle ne peut pas s'appeler un artifice ; et quoiqu'il soit l'ouvrage de trois fourbes adroits^ on n'y voit qu'une ruse grossière dont on est étonné que le beau-père et le gendre futurs soient les dupes,

I^a première supercherie du Gascon est tout-àfait inutile 9 et ne sert en rien au dénoùment. Il étoit indifférent de prévenir Géronte contre Sotèncour, et de le faire passer pour un joueur abîmé de dettes, puisqu'on se proposoit d'enlever Léonore; et dans le fait, cet enlèvement fait seul le dénoûment, et détermine seul Sotencour à renoncer à Léonore , et Géronte à la donner à Valère.

SUR LE BAL. laS

Maigre ces défauts , on reconnolt dans cette pièce le génie de Regnard. U y a , comme nous Tavons remarqué ^ quelques scènes plaisantes , telles que celle de Tentrevue de Sotencour avec sa maltresse , le bavardage ridicule de Tun et le silence méprisant de Vautre , que notre campagnard prend pour de la stupidité.

Cette situation comique , et qui a dû produire beaucoup d*efTet au théâtre , a été imitée par Destouches , dans sa comédie du Dépôt.

Un marquis d*Esbignac^ amoureux de la fille de Géronte , sans Tavoir vue y ou plutôt amoureux de sa fortune ^ dit au père ^ en présence de

sa fille :

Mais Totre fille ett belle, Si j'en crois le portrait que ton frère fttit d'elle.

0llA0llTB|ltti fâÎMot aptrMTwr ta £!!«.

YoQi en pouvez juger.

LE «AAQUIS.

Cett là roriginal Du portrait ?

oiaoHTB.

Oui Traiment.

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