SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION
Il ezûte un tré§ grand nombre d'édkions dtê OEnvm de Regnard , mais pai une «enle qui ak été donnée ou rerue par Tauteur. Il eit même présumable 9 d'après rincorrectioB du texte de§ éditicoft originales et par* tielles de ses jcomédieâ , qu'il n'en a pas surveillé la première impression*
L'édition publiée en 1790, par les soins de feu M. le marquis Gamier, aroit £iit oublier tontes ceUes qui aToient paru jusqu'alors. Aussi toutes les réim** pressions faites depuis cette époque ont-elles été copiées sans aucun changement sut f édition de M. Carnier 9 jusqu'en 1820. I>ans cette même année panèrent deux nouTelles éditions des Œnvres de Regnard, dont l'une étoit encore une réimpression fidèle de 1790. La seconde fut publiée par un nouvel éditeur, qui s'est principalement attaché à restituer, d'après les éditions originales, le texte de l'auteur, fréquem«ment altéré par des réimpressions successives.
C'est à l'aide de ces différentes publications que je crois être parvenu à présenter, dans cette nouvelle
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édition , le texte le plus exact et le plus correct de Regnard, malgré les fautes évidentes qui lui appartiennent, et qui déparent trop souvent sans doute les pages de cet auteur si ingénieux, si facile, mais, on peut le dire , si indifférent sur les imperfections littéraires de ses productions. Risum capture, c'étoit la seule étude de Regnard.
Les recherches , Vexamen , la comparaison des textes auxquels s'est précédemment livré un laborieux édi» teur , facilitent sans doute beaucoup le tl'avail d'un éditeur suivant , parce que son attention est éveillée sur les points de difficulté \ mais, elle lui impose aussi unie nouvelle obligation, celle d*étre encore plus exact que son prédécesseur; et s il arrive qu'un hasard heureux lui procure des améliorations qui ne se sont pas offertes à d autres, il se trouve suffisamment dédommagé du temps et des soins qu'exige une nouvelle édition qui n'est point copiée sur une autre, quoiqu'elle arrive après tant d'autres. Je vais indiquer le plus brièvement possible en quoi celle-ci diffère de toutes les précédentes.
La Notice sur la Vie et les Ouvrages de Regnard, imprimée dans l'édition de 1790, avoit été fidèlement reproduite jusqu'ici en tête de toutes les autres éditions, et est elle-même prise en partie de ï Histoire du Théâtre /rançois. La nouvelle Notice «»st extraite de
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presque tous les auteurs remarquables qui ont parlé de Regnard. Il est résulté de ces recherches, qu'aucun écrivain n'est d'accord sur la date de la naissance et de la mort de Regnard ', ni sur plusieurs circonstances de sa vie. Ce qui reste de plus positif, c'est ce que lauteur a raconté de lui-même.
Après la Notice Tiennent les Voyages de Flandre, de Danemarck , de Suède , de Laponie , etc. ; mais dans 1 édition de 1820, le texte de cette partie des ouvrages de Regnard est si différent de celui que je présente aa lecteur , que je suis obligé d'entrer dans quelques explications sur ce sujet.
Persuadé que le travail de l'éditeur de i8ao me seroit un auxiliaire avantageux, et que ce n'est que par le concours des travaux bibliographiques que l'on peut parvenir à établir de bonnes éditions de nos Auteurs, j'avois commencé à coHationner le texte des Vopges sur l'édition de iSao, parce que ce texte étoit annoncé comme exactement conforme à la première ('dition originale de 1731 ^, pour cette partie des ou* ^Tages de Regnard. Mais , en consultant aussi de mon côté cette édition originale de 173 1 , il me fut impos-
' Voyez la note cî^ après, page i^ de la Notice. ^ C'est dans cette édition* de lyBi, 5 -vol. i/i-ia, imprimés à Bouen, que les Voyages de Regnard ont paru pour la première
fois.
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êible d*y retrourer la texte annoncé , et y par conaé«» qaent| aucun des mota^ aucune des phrases | qui «voient été présentés cotnme la Téritable leçon de lauteur^ et comme le texte exact de i^Si ; aucune autre édition n ofFroit d ailleurs la moindre trace de ces leçons nouvelles. Un de nos bibliographes les^lus recommandables, à qui je fis part aussitôt de cette étrange particularité, me dit qu'il fallojt bien (comme je le présumois aussi) qu'il existât deux éditions de la même année 1731. Quatre heures après notre entre* tien, le bibliographe me fait passer un volume des Voyages de Regnard, qu'il venoit de découvrir, par le plus grand hasard , en promenant ses jeux sur un étalage de vieux livres ; et je retrouve aussitôt le texte adopté par l'éditeur de 1 8ao. Je cite ce fait particulier, pour fieiire voir combien il est important de consulter le plus grand nombre possible d'éditions avant de se fixer sur le choix d*un texte ; car peu s'en est fallu que, plein de confiance dans l'exactitude appréciée de l'éditeur de i8ao, et connoissant déjà les défectuosités des éditions antérieures , je ne sois tombé dans la même erreur , et qu'une mauvaise contreiaçon n ait été ainsi perpétuée.
J'ai dit mauvaise contre/ççon , parce qu'il me paroit évident que cette seconde impression de 1731 n'est rien autre chose ; parce qu'une contreiaçon est tou*
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jours mauvaise ', et que celle-ci Test plus que toute autre. Je dois prouver ce que j'avance , et je n*ai que rembarras dans le choix des preuves.
L*exécution typographique des deux éditions offre des difiFérences notables , si on les examine comparativement , mais elles ne sont pas assez frappantes pour qu*on ne puisse aisément les confondre en les voyant séparément. Dans celle que je répute contrefaite, l'espace entre les mots est plus considérable que dans Fautre, et souvent même hors des proportions typographiques usitées en tout temps pour les livres imprimés en France ; ce qui provient de la longueur des lignes de la contrefaçon, qui excèdent d*une lettre moyenne celles de lautre édition. Or, comme il n etoit pas possible de faire entrer plus de mots dans
' Les fastes de la bibliograpliie oC&eDt quelques exemples de con« trefiiçons plus estimées que les éditions originales ; mais ces cas sont si rares qu'ils confirment encore le principe. C'est sans doute quelqu'une de ces rares contrefaçons , dans lesquelles on ne retrouve pas les fautes d'une édition originale » qui a donné l'idée de l'épi** gramme suivante , qui , pour être très connue , n'en est pas moins une des plus jolies de l'espèce :
Cest ellel.... Dieu, que je tnit aiia î Oui , c'est la boane édition :
Yoilà bien , pages neuf et seise , Les deux fautes d'impression Qui ne sont pas dans la BsuTaût !
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chaque ligne, sans faire disparoître la ressemblance la plus sensible entre les deux éditions , on s'est contenté de mettre plus de blanc entre chaque mot. Mais ce qui, plus que tout autre indice typographique, fournit la preuve d'une contrefaçon , c'ent la multitude de fautes de tous genres qui existent d un côté, et qui ne se trouvent pas de l'autre ; tandis que les très nombreuses fautes de la véritable première édition sont toutes reproduites dans sa copie. En voici quelques exemples ; j'en ai relevé plus de cinquante. Les mots aurat au lieu de auras; fedit i^onv /ecU; œcrls pour €iëns; letfiules pour lœthalis; les eaux de Piémont y au lieu de Pyrmontj etc. etc. se lisent dans une seule ^édition ; et dans toutes les deux se trouvent les mêmes fautes qui suivent : hipotomane pour hippopotame ; tecli au lieu de tecti; calcem au lieu de cœlum; tentes ^oux fentes y etc. etc. Je laisse à juger laquelle de ces deux éditions peut mériter le plus de confiance. Il reste à expliquer comment une copie , qui auroit dû être une complète imitation de l'original, offre en plusieurs endroits des phrases qui diffèrent entièrement de sens et de rédaction \ Plusieurs de ces
' J*ayois d'abord pensé que les Voyages de Regnard ayoient pu être imprimés sur deux manuscrits diff(^rents dans la même année 173 1 ; mais rAyertissement des deux éditions est exactement semblable. On n*y met pas en doute cependant que Regnard n'ait
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phrases défigurées ont été adoptées dans le texte de 1820 ; mais, quoique altérées, elles n occupent pas plus de lignes dans Tune que dans lautre édition de ly^t; et comme il existe encore dans la contrefaçon des transpositions d'alinéa , des numéros de pages doublés, tout ce désordre ne peut être que l'effet d une exécution typographique singulièrement précipitée.
Quoi qu'il en soit , les deux éditions de 1781 fourmillent de fautes de toute nature ; et comme les Voyages de Regnard ont été imprimés plus de vingt ans après sa mort, sur un manuscrit imparfait et rempli de lacunes, la rectification de cette partie de ses ouvrages a dû nécessairement être retardée : ainsi beaucoup de noms propres étoient restés défigurés dans toutes les éditions, tels que ceux-ci : /a bataille de (jQcnrx^ gagnée par Sobiesky y au lieu de la bataille de Choczim ; Téléchiy Jpaty^ au lieu de Tékéli, Abaffi^ et quantité d autres noms , presque à chaque page.
Les erreurs qui concernent des événements historiques pnt été indiquées dans des notes, pour ne rien
envoyé des copies à plusieurs de ses amis. Mais alors pourquoi n'anroit*on pas fait mention de ce second manuscrit ? pourquoi se seroit-on astreint à ce large espacement des mots qui annonce évidemment pne exécution typographique entravée dans les disposi^ lions leaplus usitées? et comment encore expliqueroit-on l'identité des fautes des deux éditions ?
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changer à la rédaction de l'auteur. De bnaam dates ont été rectifiées. Comme l'auteur n'a poÎBt établi de dÏTisions dans ses Voyages, une TatU anafytique du matûsrts a été placée à la fin de ce volume, pour &ci- Uter ta rechercbe des passages les plui intéressants. Enfin , les soins que j'ai apportés à la révÏNon de cette partie des (ouvres de Hegnard , donneront lieu sans doute à d'autres éditenn d'amélicwer et de cori^déter ce premier traTail.
Le texte des Poésùt de Regnard n'a heurensement pas éprouvé l«s mémei atteintes que celn i des F'c/ages, L'édition de i8ao reproduit fidèlement le texte des éditions originales , mais on le trouvera plus scrupuleusement suivi dans cette nouyelle édition ; c'eit-àdire , qu'aucune leçon des éditions originales n'y a été placée en variante, alasi que l'a Eût souvent l'éditeur de i8ao.
Comme il se r^contre beaucoup de vers défectueux ' dans la poésie de Hegnard , que les fautes de mesure et les fausses rimes y sont assez fréquentes, d'anciens éditeurs se sont cru autorisés à en faire la correction , et plusieurs même ont interpolé dea vers entiers dans ^e teite , quand une rime y manquoit. De U de nombreuses variantes de ces mêmes vers, et de plusieurs passages amendés ou amplifiés, qui, dans cette éditiou, ont «té placccs sciileiiit^iit au bas des pages, ei
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jaiaùs dans k texte cl* l'autewr. Les conectecuFS de Regnard a «uroienl pas mis tant de aèle, sans doutai i diàtiw sa Tersificatioii , s'ils aYoiant retaira ce pas* sage qjOiîl leur adressoil, après aToir écrit €es deux
Je sais trop connue tout t« ; L*eiiTΫ jamsis ne monm.
« YoQS, njùi TOUS escrimei de la rime, yous aUes « dire qu*il j a un « de trop dans ce vers : je le sais « aussi bien que tous; mais si on ne me donne cette « licence et de pareilles , je quitte dès à présent le «métier de poète de la troupe, que je £iis à mon « grand regret /et aux dépens de mes ongles, qui sont « déjà assea courts. Je ne suis que trop rebuté de la « profession ; et sans les petits profits que nous autres « rimailleurs attrapons auprès des filles , il y auroit « long« temps que jaurois vendu ma charge à bon « marché. »
Je ne dirai qu'un mot du Théâtre italien de Regnaid, toujours sous le rapport de la correction; c*est que les detix volumes qui le composent n avoient pas clé revus par les éditeurs avec la même attention que Tavoient été les autres ouvrages dramatiques de fauteur. Des anecdotes piquantes, dans la Notice sur ks acteurs de Tancien Théâtre italien, plusieurs scènes,
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beaucoup de pauages, avoîent été omu oa lupprtmes dans les précédentes éditions, et ont été n'tablis dans ceUe>cij et des fautes nombreuses ont été eucore rectifiéfla.