DE LÀ FORME DE CET ÉCRIT
Tel souTent dit que, si Ton in*eût donné d'un antre honune les idées qu'on a données de moi à mes contemporains, je ne me serois pas conduit avec lui comme ils font arec moi. Cette assertion a laissé tout le monde fort indifférent sur ce point, et je n'ai vn chez personne la moindre curiosité de savoir en qooi ma conduite eût différé de celle des antres, et quelles eussent été mes raisons. J ai condn de lâ que le public, parfaitement sûr de Timpossibilité d*en user plus justement ni plus honnêtement qu'il ne fait à mon égard, Tétoit par conséquent que, dans ma supposition, j'aurois eu tort de ne pas rimiter. J*ai cru même apercevoir dans sa Gonfianoe nne hauteur dédaigneuse qui ne pouvoit venir qne d'une grande opinion de la vertu de ses guides et de la sienne dans cette affaire. Tout cela, couvert pour moi d'un mystère impénétrable, ne ponrant s^accorder avec mes raisons, m*a engagé à les dire, pour les soumettre aux réponses de quiconque aaroil la charité de me détromper, car mon erreur, si elle existe, n'est pas ici sans conséquence : die me force à mal penser de tous ceux qui m'entourent; et, comme rien n'est plus éloigné de ma volunté que d'être injuste et ingrat envers eux ,
T. IV
ceux qui me désabuseroient, en me ramenant à de meilleurs jugemens, substitueroient dans moncœtir la gratitude à l'indignation, et me rendroient sensible et reconnoissant en me montrant mon devoir à l'être. Ce n'est pas là cependant le seul motif qui m'ait mis la plume à la main : un autre encore, plus fort et non moins légitime, se fera sentir dans cet écrit. Mais je proteste qu'il n'entre plus dans ces motifs l'espoir ni presque le désir d'obtenir enfin de ceux qui m'ont jugé la justice qu'ils me refusent, et qu'ils sont bien déterminés à me refuser toujours. En voijlant exécuter cette entreprise, je me suis vu dans un bien singulier embarras : ce n'étoit pas de trouver des raisons en faveur de mon sentiment, c'étoit d'en imaginer de contraires; c'étoit d'éublir sur quelque apparence d'équité des procédés où je n'en apercevois aucune. Voyant cependant tout Paris, toute la France, toute l'Europe se conduire à mon égard avec la plus grande confiance sur des maximes si nouvelles, si peu concevables pour moi, je ne pouvois supposer qne cet accord unanime n'eût aucun fondement raisonnable, ou du moins apparent, et que toute une génération s'accordât à vouloir éteindre à plaisir toutes les lumières naturelles, violer toutes les lois de la justice, -toutes les règles du bon sens, sans objet, sans profit, sans prétexte, uniquement pour satisfaire ime fantaisie dont je ne pouvois pas même apercevoir le but et l'occasion. Le silence profond, universel, non moins inconcevable que le mystère qu'il couvre, mystère que depuis quinze ans on me cache avec