A M. MARTEAU
lioiten, te f 4 octobre vrià,
J*ai reçu, monsieur^ au retour d*une tournée que j'ai faite dans nos montagnes, votre lettre du 4 août et l'ouvrage que vous y avez joint. J'y ai trouvé des sentimens, de l'honnêteté^ du goût; et il m'a rappelé avec plaisir notre an-*
(*) Chamtort avoft eofoyé ion épttre ait coaconn pour te prit de poésie proposé par l'Académie fraocoiie. G P . I
cienne conuolssânce. le hé Voudtoîs pourtaiic plus qu'avec le talent que vous paroissez avofar, tous en bornassiez Temptoi à de pareilles bagatettes.
Ne songez pas, moitàfetfr, k venir ici avec une Femme et douze ceûts (fvrcs de rente viag^e pour toute fortuAe. Ut liberté met ici tout te mondé à son aise. Le commerce qu'on ne gêne point y fleurit; On y a beaucoup d'argent et peu de deUréés ; ce n'^est pas le moyen d'y vivre à bon marché. Je vous conseille aussi de bien songer, avant de vous marier, a Ce que vous allez faire. Cne rente viagère n*est pas une grande ressource pour une famille. Je remarque d'ailleurs que tous les jeunes gens à marier trouvent des Sophies : mais je n'entends plus parler de Sophies aussitôt qu'ils sont mariés.
Je vous salue, monsieur, de tout mon cœur.
a «» uuAvn^
-âMMien, te M octobre f 7C4.
Voici, monsieur, celle des trois estampes que vous m'avez envoyées qui, dans te nombre des gens que j'ai consultés, a eu la pluralité des Voix. Plusieurs cependant préfèrent celle qui e^ en habit françois, et l'on peut balancer avec liaison, puisque l'une et l'autre ont été gràvêed sur le même portrait, peint par M. de La Tour. Quadt à l'estampe où té visage est de profit, elle u'a pas la moindre ressômblàuce : il parott que celui qui Fa faite ne in*avo(t jamais vu ; et il 6*est même trompé sur mon fige.
Je voudrois, monsieur, être digne de Hionneur que vous me faites. Mon portrait figure total parmi ceux des grands philosophes dont vous me parlez : mais j'o^ croire qu'il M'est pas déplacé parmi ceux des amrs de la justice et de la vérité. Je vous salue, monsieur, de tout mon cœur.
A H. L£ PRfMCB t. e. bÉ WiaTEUBERG.
UoUert, te f 4 octobre 1764.
Cest à regret, {)rince, que je me prévaux quelquefois des conditions que mon état et la
fi04
CORRESPONDANCE
nécessité plus que ma paresse, m'ont forcé de faire avec vous. Je vous écris rarement; mais j*ai toujours le cœur plein de vous et de tout ce qui vous est cher. Votre constance à suivre le genre de vie si sage et si simple que vous avez choisi me fait voir que vous avez tout ce qu'il faut pour l'aimer toujours ; et cela m'attache et m'intéresse à vous comme si j'étois votre égal» ou plutôt comme si vous étiez le mien ; car ce n*est que dans les conditions privées que Ton connott l'amitié.
Ia sujet des deux épitaphes que vous m'avez envoyées est bien moral : la pensée en est fort belle ; mais avouez que les vers de l'une et de Fautre sont bien mauvais. Des vers plats sur une plate pensée font du moins un tout assorti ; au lieu qu'à mal dire une belle chose on a le double tort de mal dire et de la gâter.
Il me vient une idée en écrivant ceci ; ne seriez-vous point l'auteur d une de ces deux pièces? Cela seroit plaisant > et je le voudrois un peu. Que n'avez-vous fait quatre mauvais vers, afin que je pusse vous le dire» et que vous m'en aimassiez encore plus 1