‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 10 sur 166 · CONTRACTURE RÉFLEXE · texte numérisé non relu

CONTRACTURE RÉFLEXE

b&r que, conformément à la doctrine de Hunter, ces contractures s'établissent par le fait d*un acte réflexe développé en conséquence de la lésion articulaire. L'excitation des nerfs articulaires retentit sur les centres spinaux, qui, à leur tour, réfléchissent cette excitation par la voie des nerfs moteurs sur les muscles, tant extenseurs que fléchisseurs de la jointure.

En général, la contracture spasmodique se limite aux seuls muscles extenseurs et fléchisseurs de la jointure affectée. Mais, dans d'autres cas, par suite de la diffusion de la lésion spinale, le spasme musculaire peut tendre à se généraliser, et s'étendre, par exemple, à tout un membre. Déjà nous avons appelé Tattention sur les faits de cet ordre, à propos de Thyslérie; mais, en dehors de l'hystérie, autant qu'on en peut juger d'après les observations publiées, ces contractures généralisées à toute l'étendue d'un membre, à la suite d'une lésion limitée à une seule jointure, peuvent s'observer encore. C'est ce dont témoignent les faits rapportés par Duchenno (de Boulogne) d'abord, et décrits par lui, sous le nom de contracture réflexe d origine articulaire^ puis par M. Dubrueil, de Montpellier *. Dans le fait de M. Dubrueil, il s'agit d'un jeune homme de 16 ans, qui, en tombant du haut d'une échelle, s'était fait une entorse tibio-tarsienne gauche ; trois jours après, la contracture occupait non seulement les muscles du pied qui était fléchi dans l'adduction, mais encore ceux qui meuvent le genou et la hanche. Évidemment, 1< s sujets chez lesquels la contracture d'origine arthropathique se généralise ainsi sont des sujets prédisposés, et, à cet égard, ils peuvent être rapprochés des hystériques.

Pour en finir avec ce sujet, il me reste à vous montrer que,

1. Dubrueil. — Leçons de clinique chirurgicale^ Montpellier, 1880, p. 5.

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ainsi que je vous l'ai annoncé, les dérormations du rliumatisme articulaire chronique progressif, du rhunlalisme Doueui, reconnaissent pour cause, elles aussi, la contracture spasmodique des muscles, développée par action réflexe, en correspondance des lésions arLicuIaires.

J'ai essajé d'établir autrefois ' que les déformations qu'on observe en pareil cas, et que nous nous bornerons à considérer aux extrémités supérieures, peuvent être ramenées, quel-

Fig. *, — aipr/mlaml lu lUiiialioii m matlt Jet ihigU rtri It ttrd fuUlal ^ !■ main dm U rhrmaliimt cAr«i>rfB(. — 1I<w1b da H. ■■. {liehtr.

que variées qu'elles puissent paraître, à deux types fondamentaux auxquels peuvent être rattachées toutes les formes accessoires.

Nous signalerons les traits communs aux deux lypes : En général, les mains sont dans la pronation et un peu fléchies. Les lésions sont habituellement symétriques. Les doigts su* bissent ordinairement une déviation en masse vers le bord cubital de la main {Fig. 4).

I. Charcol. — Eludei pouriervir à FaffeHion dicrile toia letnamt dtguulle ailh/ni;ue pronilitf, nodoiilti rfci jainlurti, rhumatitmr ùrlieulaire chronique [forme frimilive), TbtM de l'aria, ISKi.

RHUlIATlSia CHRONIQUE 65

^oici maintenant les caractères de denx grands types dont fai donné la description. — Premier type ou type (Texten^ non. En considérant d'abord Textrémité libre du doigt, nous voyons : a) une flexion de la phalangette ; b) une extension forcée de la phalangine ; c) une inflexion de la phalange. La nommée D..., que je vous présente, offre cetle déformation d*une manière tout à fait caractéristique : c'est une femme de 49 ans, chez laquelle la maladie a débuté à 20 ans, après trois ans de séjour dans une habitation humide ; chez elle, la plu-

Fiç, 5. — Beprésentant la main gauche de la nommée D, Type <Vêxteniion. Dessin de

M. Rîcher.

partdei autres jointures similaires sont affectées {Fig. 5). La même déformation se retrouve comme vous le voyez chez la nommée M... qui, elle, a été affectée au moment de la ménopause {Fig. 6).

Deuxième type, type de flexion. — Ici, nous avons une extension de la phalangette et une flexion de la phalangine, comme vous le voyez sur la malade que je vous présente {Fig. 7).

Telles sont les déformations qui, suivant moi, se rattachent tout aussi bien que celles qui se voient aux autres jointures de ces mêmes malades, genoux, coudes, etc., à la contracture spasmodique des muscles.

Cbabcot. ŒoTres complètes, t. m, Système nervetix. ^

66 RHUMATISME CBRONIOOE

Veuillez remarquer que la contracture spasmodique a cessé depuis longtemps chez ces malades ; mais les déformations qu'elle a produites persistent néanmoins, en conséquence de

Fig, 9. — Main gauche de la nommée M..» Type d'extension. Dessin de M. P. Richer.

Tépaississement des tissus périarticulaires ; les subluxations, les raccourcissements des ligaments qui ont été déterminés dans le temps fort long, du reste, où les jointures ont été main-

Fig. 7. — Main droite de la nommée X«., Tgpe de flexion» DettÎB de M. Feofrai^.

tenues dans une position vicieuse, par le fait de la rétraction musculaire spasmodique, ont conservé aux mains leurs attitudes caractéristiques. Quels sont les arguments que l'on peut faire valoir, en Caveur de la thèse que je soutiens ?

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