‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 11 sur 166 · RHUMATISME CHRONIQUE · texte numérisé non relu

RHUMATISME CHRONIQUE

l** Il est impossible d'admetlre que ces atliludes violentes, forcées, contradictoires, pour ainsi dire, soient des attitudes prises instinctivement par les malades pour éviter, autant que possible, la douleur, en maintenant Farticulation dans une situation fixe. En examinant les malades pendant la période d'acuilé de Taffection, on reconnaît que, loin de rechercher ces altitudes forcées, ils luttent le plus qu'ils peuvent contre les contractures spasmodiques, les crampes, comme ils les appellent, qui les produisent.

2^ L'accumulation de liquide dans les synoviales peut donner plus de mobilité aux jointures et favoriser l'action des muscles contractures ; mais cet élément ne peut être invoqué comme cause prédominante de la déformation. D'ailleurs, toutes les jointures qui, dans la main, subissent la déviation, n'ont pas toutes été atteintes d'hydarthrose, ou môme d'inflammation. On peut ajouter, sans crainte d'être démenti, que le poids des parties ne joue, dans la production des déformations, qu'un rôle tout à fait effacé.

La contraction musculaire, par action réflexe, force aveugle et qui n'a rien de providentiel, est donc la seule influence à laquelle nous puissions nous rattacher «

J'ajouterai que des arguments puissants, quoique indirects, peuvent être encore invoqués en faveur de cette théorie. Je puis vous montrer que ces mômes déformations des mains, ces mêmes déviations articulaires, que nous trouvons dans le rhumatisme noueux, nous les retrouvons tellement semblables, qu'on pourrait s'y méprendre, dans des cas où il n'existe pas d'affection articulaire, et où la rigidité des muscles est seule enjeu. Ainsi, par exemple, dans l'hémiplégie spasinodique infantile : la malade que je vous présente offre une contracture spasmodiqne de tous les muscles des membres supérieur et inférieur du côté gauche ; cela date de l'enfance, le

ATTITUDES TtCUnSBS

eiyet est épilepUque, mais il s'agit d'une épilepsîe d'un genre h part ; jamais il n'y a eu trace d'arthrite nulle part et en par-

ticulier daos les mains. Or, dans cette main, qui tous montre les mouvements involontaires spédaux de l'alhétose, et en

consiquence un certain degré de mobilité articulaire exagérée, dans certains mouvements, lorsque la malade veut étendre la

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main, on voit se produire une déformation qui rappelle notre premier type, le type d'extension {Fig. 8).

Oq peut faire la même remarque, à propos de la maladie de Parkioson. J'ai relevé depuis longtemps ces déformations qui ne peuvent être expliquées que par la rigidité prolongée des muscles antagonistes. On sait, du reste, que dans la paralysie agitante, les muscles des membres et du tronc sont dans un état de tension permanente qui détermine la rigidité des parties qui sont comme soudées. Aux mains, la déformation la plus commune est celle qui rappelle Tatlitude d'une main qui tient une plume à écrire, et ici, c'est la contracture des interosseux qui est en jeu. Mais, dans certains cas, cependant, nous rencontrons une déviation des doigts en tout comparable à celle que nous observons lorsque les articulations sont lésées par le fait du rhumatisme noueux ; dans le cas que je vous présente, vous retrouverez le type d'extension (Fty. 9). Dans cet ordre de faits encore, la déviation se produit par la seule action musculaire, les articulations ne sont nullement affectées.

Tels sont, Messieurs, les divers arguments qui me paraissent établir que, dans le rhumatisme articulaire chronique, les déviations articulaires reconnaissent pour cause une affection spinale développée suivant le mécanisme des actes réflexes.

Et ceci nous conduit à relever encore une fois que les affections articulaires, lorsqu'elles retentissent sur le centre spinal déterminent tantôt une exaltation des propriétés des cellules nerveuses, d'où dérive la contracture musculaire ; tantôt, au contraire, une dépression de ces mêmes propriétés, à laquelle se rattache la paralysie amyolrophique.

11 faut ajouter que ces deux modes d'affection spinale peuvent se trouver combinés sur un même sujet. Ainsi, dans le

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