Angelo Minich, Délia coscialgia nervosa. Venezia
MANIA OPEHATIVA 373
active; aussi comprendrez-vous aisément que, lorsque ces malades atteints de maiiia operativa passiva^ comme Ta dit Textor, se sont, pour leur malheur, trouvés en présence de chirurgiens affectés d'une manie analogue, mais active cette fois, niania operativa activa (de Stromeyer), les opérations les plus fantastiques soient résultées de cet imprudent conflit. Des amputations ont été pratiquées, Brodie en cite plusieurs exemples, Coulson également ; celui rapporté par ce dernier auteur est particulièrement intéressant: il s'agissait d'une jeune fille souffrant depuis trois ans d'une affection du genou; la jambe restait fléchie sur la cuisse ; les douleurs étaient insupporlables; quelques chirurgiens s'étaient refusés à toute intervention; enfin, il s'en trouva un qui consentit à opérer; l'amputation fut faite, et l'examen du genou montra une articulation normale, avec une synoviale parfaitement saine, présentant la délicatesse et la transparence de l'état physiologique; les os étaient seulement légers, peu résistants à la scie, les cartilages un peu amincis, ainsi que cela se voit comnmnément sur les membres qui sont restés longtemps immobilisés \
Je pourrais vous citer plusieurs autres exemples du même genre, mais je crois en avoir dit assez pour vous montrer qu'il existe des affections douloureuses des jointures^ non matérielleSy pouvant simuler des aOectious articulaires à lésions profondes, et conduire ainsi, en faisant errer le diagnostic aux conséquences les plus graves.
Mais à quels signes pourra-t-on reconnaître ces arthralgies sine maleria^ et les distinguer des arlhropalhies organiques ? — Le diagnostic est particulièrement difficile, surtout quand, ainsi que cela est chez notre malade, il s'agit de la hanche. Voici les principaux caractères cliniques de ces arthralgies signalés par les auteurs, qui, du reste, ainsi que je l'ai déjà
i. Coulson, loc. et/., p. 631.
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dit, n'onl guère fait sur ce point que reproduire la description
de Brodie :
l*" Le membre inférieur du côlé afiecté parait raccourci, par suite de la contracture musculaire qui élè?c le bassin du côlé correspondant.
2'' La cuisse est, par rapport au bassin, dans une situation absolument fixe, de telle sorte que tout mouvement imprimé à la cuisse est immédiatement communiqué au bassin ; là encore c'est la conlracture musculaire qui est en jeu.
Comme vous le savez, Messieurs, ces deux caractères n'ont rien de particulier h Tarthralgie hystérique, car l'un et l'autre sont de r^gle, dans la coxalgie organique, parvenue à ce que Ton appelle quelquefois la troisième période*. Mais Tétude des caraclèrcs qui suivent nous sera sans doute plus utile pour distinguer ces deux affections.
S"" La douleur présente des modalités spéciales ; à la vérité, comme dans la coxalgie vraie, elle occupe simultanément la hanche et le genou, et présente une exacerbation à la suite de la percussion de la hanche, du genou ou du talon ; mais de plus, et c'est là ce que Brodie a très bien montré, elle n'e>l pas exactement limitée à la jointure elle-même, elle s'étend à la peau qui correspond à la jointure, empiète au-dessus du ligament de Pouparl, remonte sur la partie inférieure de l'abdomen et occupe même la fesse. C'est donc, pour une part, une douleur supcificielle, résidant pour ainsi dire dans la peau, de telle sorte que le pincement de la partie du tégument externe qui recouvre la jointure est quelquefois beaucoup plus douloureux qu'une pression môme intense exercée profondément sur cette région. — La nuit, les individus atteinis de coxalgie organique sont assez souvent réveillés par des tressaillements douloureux [starùng pains) du côté de la hanche; ceux atteints de coxalgie hystérique, au contraire, peu-