‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 116 sur 166 · Voir surtout la Leçon XXII · texte numérisé non relu

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tant s'en faul, en propre aux sujets hystériques. Chez ces sujets-là, sans doute, ils se produisent sous l'influence des chocs en apparence les plus légers et ils acquièrent facilement un développement considérable, hors de toute proportion avec rinlensité de la cause Iraumalique. Mais on les retrouve en dehors de Thystérie, à peu près nécessairement, chez un individu quelconque, à la suile d'une contusion, pour peu que celle-ci ait une intensité notable. C'est ainsi que sous l'influence du choc produit, par exemple, sur Tavant-bras, par la pénétration d'une balle de fusil, le membre tout entier peut se montrer parésié et insensible, pendant une période de temps plus ou moins longue. Une simple contusion, sans plaie, suflît d'ailleurs pour déterminer des phénomènes du même genre ^ On peut avancer, je crois, d'une façon très générale, que plus la contusion est légère et moins le sujet est névropathe, moins il est hystérique, si l'on peut ainsi parler, plus les accidents parétiqucs et sensoriels consécutifs au choc sont légers, circonscrits et fugaces. M. Billroth raconte « que, s'étant donné par mégarde un coup sur le dos de la main, celle-ci devint insensible, en même temps que le mouvement volontaire fut un instant supprimé dans les doigts ; mais la durée de ces phénomènes ne dépassa pas trois minutes. M. Gussenbauer relate des faits du même genre. Cet ensemble de phénomènes ce syndrome sur lequel j'appelle en ce moment votre attention a été décrit par quelques auteurs sous le nom de choc local (localer Shok^ Fischer; — localer U undschreck, Bardeleben. — iocaler oder peripherer Shoklocalshok^ Grœningen, etc.

En pareil cas, dans une certaine étendue autour de l'endroit où à porté la contusion, au-dessus et au-dessous, quelquefois dans toute l'étendue du membre, — par conséquent,

\, 0. Berger, Berlin. Klin. Wochensch., p. 234, 1871. 2. Voir G. 11. Grœningen, Ueber den Shok, Wiesbaden, 1885, p. 78 et s.

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il ne saurait s'agir ici de la lésion d'un nerf en particnlier, — il se produit une anesthésie cutanée et profonde en même temps qu'une paralysie motrice plus ou moins accentuée» lesquelles, vraisemblablement, sont le résultat d'une participation par voie réflexe des centres nerveux. On peut, croyonsnous, sans forcer les analogies, relever qu'il y a là comme une esquisse, un rudiment, un germe de la paralysie hystérique traumalique, et Ton comprend que chez un sujet prédisposé psychiquement, celte paralysie rudimen taire provoquée par le choc se réalise et se développe au plus haut degré, en raison d une élaboration mentale, d'un processus d'aulo-suggeslion dont nous avons essayé de vous faire reconnaître le mécanisme dans nos précédentes leçons *.

Il ne faut pas confondre ce choc local ^^ relativement bénin, avec la stupeur locale que décrivait récemment le professeur Yerneuil, dans une de ses leçons cliniques. Ici, à la suile d'une contusion toujours intense, il y a suspension de la circulation, de la calorification, de l'innervation (anesthésie et paralysie motrices) avec menace de sphacèle. Tous les accidents, en pareil cas, d'après M. Yerneuil, seraient le résultat de la compression des troncs artériels et nerveux par un épanchement profond ; il suffit, en effet, de débrider largement et de permettre ainsi au sang de s'écouler, pour les voir tous disparaître '.

Quoi qu'il en soit chez notre malade, les phénomènes du choc local {Local shock) paraissent avoir été très accusés, puisque non-seulement la fracture s'est opérée sans douleur, mais que, de plus, le membre paraît avoir été frappé d'anesthésie complète dans toute son étendue, en même temps qu'il était privé de tout mouvement volontaire. Il a donc existé chez lui,

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