‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 127 sur 166 · QUELQUEFOIS ABSENCE DES STIGMATES · texte numérisé non relu

QUELQUEFOIS ABSENCE DES STIGMATES

lérisé, assez original pour pouvoir être reconnu pour ce qu'il est, môme en Tabsence de tous renseignements fournis par les phénomènes concomitants. Aussi, lorsque ses traits seront bien gravés dans votre esprit, serez-vous mis à môme, à votre tour, d'arriver à ces diagnostics rapides qui, en somme, ne sauraient ôtre considérés comme des tours de force que par les personnes non initiées.

Il est clair, néanmoins, que l'observation resterait încomplèle si l'examen du malade n'était pas poussée plus loin. Or, c'est bien rarement que font défaut ces phénomènes permanents de Thyslérie que, pour, plus de brièveté, nous appelons stigmates^ sans compter les attaques, qui, elles aussi, existent habituellement : rétrécissement du champ visuel, hémianesthésie simple ou double, troubles sensoriels divers, aneslhésie pharyngée, voilà les phénomènes dont vous devrez soigneusement rechercher l'existence. Leur présence contribuera singulièrement à afQrmer votre diagnostic. J'y ajoute la contracture d'un membre provoquée expérimentalement par l'application d'un lien circulaire : c'est un nouveau stigmate que de récentes recherches nous ont permis de déterminer, et dont la fréquence, chez l'homme comme chez la femme, est beaucoup plus grande qu'on ne le pourrait supposer ^

Il ne faut pas oublier toutefois que, si l'affection hystérique chez un sujet donné se montre le plus souvent polymorphe, elle peut se trouver par contre réduite à un seul élément symptomatique. Il en est ainsi du syndrome mutisme hystérique ; il se rencontre quelquefois parfaitement isolé, seul témoin de la maladie, et c'est là justement ce qui se voit chez le malade que nous avons sous les yeux.

Il y a là, vous le comprenez bien, Messieurs, une raison de plus pour attacher une grande importance à la notion exacte

i. Voir la précédente leçon.

de chacun de ces syndromes pris en particulier, car^ en définitive, leur connaissance seule nous donnera la possibilité de dépister TafTection, lorsqu'elle est ainsi réduite à sa plus simple expression. Heureusement que Thistoire naturelle des symplômes oiïre ici, en règle générale, des éléments d*appréciation suffisamment caractéristiques pour permettre de décider, même dans ces conditions relalivement défavorables, et j'ajouterai, sans grandes chances d erreur.

Si j'insiste encore une fois sur ce fait clinique, c'est parce que les muets hystériques, plus encore peut-être que les individus atteints des autres manifestations de la névrose, sont, la plupart du temps, je ne sais trop pourquoi, considérés comme des simulateurs. Et, cependant, je suis forcé de dire et de redire, qu'à mon avis, l'idée de simulation n'est que trop souvent fondée, en pareil cas, sur Tignorance du médecin. Cela n'a peut-être pas une importance pratique capitale quand il s'agit d'une pure question de diagnostic, en ville ou à Thûpilai ; on peut alors faire fausse route sans qu'il en résulte pour le malade de bien grands inconvénients.

Mais, il n'en serait pas de môme dans l'armée, par exemple, ou encore chez les individus en prévention judiciaire. L'entùtement dans des idées de simulalion, insuffisamment motivées, pourrait conduire à commettre ici des injustices criantos : à employer, je le suppose, des moyens quelque peu barbare-, comme par exemple, la faradisation à toute volée du larynx qui, vous le savez, n'est pas, tant s'en faut, sans danger. Aussi est-il de mon devoir de vous faire remarquer que, dans la circonstance, la simulation est peut-être plus facile à dépislor qu'on ne le croit généralement. Peu de simulateurs, on en conviendra, seraient de force à réunir et à exhiber, dans un but de supercherie, tous les symptômes que nous a révélés Thisloire naturelle du mutisme hystérique, sans rien retran-

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