‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 129 sur 166 · OBSERVATION DE MUTISME HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE MUTISME HYSTÉRIQUE

à un prêtre, dont elle croyait avoir eu à se plaindre, le cadavre d'un enfant nouveau-né bien enveloppé et placé dans un panier. Le colis postal, étiqueté fromage ^ arriva juste au moment où le curé recevait des amis. Près du cadavre se trouvait un billet ainsi conçu : « Priez pour celle que vous avez perdue. ».... Voilà bien un délit d'hyslérîque!

Arrêtée à quelque temps de là, Hélène G... perdit subitement la parole, après le premier interrogatoire. Cette fois^ direz-vous, le mutisme était évidemment simulé. Eh bien, non, Messieurs, il n'en est rien, à mon avis, et telle est aussi Topinion, si prépondérante, en pareille matière, de mon collègue M. le P'Brouardel. Voici mon argument: L'histoire naturelle du mutisme hystérique, encore peu connue aujourd'hui, est parfaitement respectée par l'inculpée. Hélène G... est muette et aphone ; elle ne profère pas le moindre bruit, même quand par surprise on l'excite à rire. Pas le moindre grognement, pas le moindre hin, hi, hon, faan, pas le moindre geste hors de saison. Le début a été subit. Les stigmates hystériques sont, d'ailleurs, des plus prononcés et de telle nature que la simulation en est impossible; aneslhésie totale, complète; anesLhésie du pharynx ; rétrécissement du champ visuel, etc., etc.

Enfin, et voici qui, dans l'espèce, est absolument péremptoire : ainsi que le font les muets hystériques, la mahde écrit vite et correctement et c'est de cette façon quelle a pu communiquer avec le juge d'instruction et avouer son crime^ tout au moins en grande partie. Une simulatrice, sans aucun doute, eût poussé les choses jusqu'au bout, elle eût cessé d'écrire, et, je le répète, dans le cas actuel il n'en fut absolument ricD. L'autopsie du cadavre de l'enfant n'ayant pas démontré que celui-ci avait vécu, Hélène G... fut condamnée pour délit de suppression d enfant à trois ans de prison.

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