Voir les Leçons XX, XXI, XXII
2. Voir J. Babinski De l*alrophie musculaire dans les paralysies hystériques, {Arch. de Neurologie^ n«» 34 et 35. Voir aussi : Progrès médical^ 1886, no 6 et TAppendice IV, p. 418.
ces faits de paralysie par suggeslion hypnotique, comme dans bon nombre de cas de paralysie hystérique avec flaccidité, reconnaissant d'ailleurs peut-être, également, un point de départ psychique, les noyaux gris sous-corticaux et bulbaires, ainsi que les cellules nerveuses spinales qui, dans Tétat normal, sont en relation directe ou indirecte avec les centres corticaux moteurs, peuvent être aiTectés plus ou moins profondément, en conséquence d'une diffusion de la lésion de ces centres. C'est ce dont paraissent témoigner et la perte des mouvements automatiques, quelle q^e soit leur origine, et aussi Tabolilion ou la diminution des actes d'ordre purement réflexe, qui, en pareille occurrence, s'ajoutent àla paralysie des mouvements volontaires.
Les queLjues passages qui vont suivre m'ont paru sufGsamment caraclérisliques pour montrer l'idée que se font les auteurs auxquels ils sont empruntés, concernant la nature et le siège du processus psycho-physiologique placé à l'origine des mouvements délibérés. « Si Tidée tend à produire le fait, dit M. Bain {Les Sfns et V Intelligence, trad. Gazelles, 1874, p. 298), c'est que l'idée est déjà le fail sous une forme plus faible. Penser, c'est se retenir de parler ou d'agir. » « Les actions mentales s'accomplissent dans les mômes cercles (centres?) que les actions physiques... Il suffit d'ordinaire d'une volition pour les porter au point où elles mettent en jeu les muscles » (/oc. ci/., p. 305). «Comme les nerfs reçus par les muscles sont principalement des nerfs moteurs qui y conduisent le stimulus émané du cerveau... nous ne pouvons mieux faire que de supposer que la sensibilité concomitante du mouvement musculaire coïncide avec le courant centrifuge de la force nerveuse et ne résulte pas, comme dans la sensation proprement dite, d'une influence transmise par les nerfs centripètes " (/oc. cit., page 53). « Dans l'acte volontaire, considéré sous sa forme la plus simple, dit M. H. Spencer {Principes de psychologie, t. I, Irad. Ribot et Espinas, p. 539), nous ne pouvons rien trouver de plus qu'une représentation mentale de l'acte suivie de son
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accomplissement, — une transformation de ce changement psychique naissant, qui constitue à la fois la tendance à l'acte et ridée de Tacte, en un changement psychique posilifqui constitue l'accomplissement de Tacte en tant qu'il est mental. La différence entre un mouvement volontaire et un mouvement involontaire de la jambe, c'est que, tandis que le mouvement involontaire se produit sans aucune conscience antécédente du mouvement à faire, le mouvement volontaire ne se produit qu'après qu'il a été représenté dans la conscience. Et comme cette représentation n'est rien autre chose qu'une forme faible de l'état psychique qui accompagne le mouvement réel, eïïe n'est rien autre chose qu'une excitalion naissante de tous les nerfs affectés à cette fonction, qui précède leur excitation actuelle. » Et ailleurs {Premiers principes, p. 2i6]: «La volition est une décharge initiale le long d'une ligne qui, par l'effet des expériences antérieures est devenue la ligne de plus faible résistance. Le passage de la volition à l'action n'est que le complément de la décharge. » D'après Wundt [Physiologie, trad. franc., p. 447), » le' siège des sensations de mouvement ne paraît pas être dans les muscles, mais bien dans les cellules nerveuses motrices... Nous n'avons pas seulement la sensation d'un mouvement exécuté, mais celle d'un mouvement à exécuter. La sensation de mouvement est donc liée à Tinnervalion motrice, c'est pourquoi nous l'appelons sentiment d'innervation. (Innervationsgefùhl).» — M. Meynert, de son côté, s'exprime ainsi qu'il suit [Psychiatrie, p. 312): « Ich glaube der erste gewesen zu sein welcher sich dahin aûsserte, dass die Innervalionsvorgange von den Hemisphaeren aus, welche man Willen- «acte nennt, nichts weiter seien als die Wahrnehmungs und Erinnerungsbilder der Innervaiionsgefûhle, indem solche, jede Form der Reflexbewegungen begleilend, in die Hirnrinde ubertragen werden, als die primare Grundlage secundar von dem Vorderhirn ausgeloster œhnlichen Bewegungen. Dièse Erinnerungsbilder bekommen dann durch Associations Vor^'ange die intensitat der Kraft zugefuhrt, durch welche sie fiir die vom Vorderhirn ausgehenden secundaren Bewegungen, als Arbeitsansio83 langs centrifugalen Babnen wirken. » — Dans ses Clinical
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and p/njsioL Rescarches on ihe nervovs System (1876, pages XX-XXXVIÏ), M. H.Jackson adhère à Tidée de Bain, Wundt et autres, que notre « conscience de raclivité musculaire » est en grande partie initiale, centrale et réalisable dans les centres moteurs. — Suivant M. Maudsley (Physiolog. de t Esprit^ Irad. A. Herzen, p. 249-250), « il parait que c'est dans la partie Trontale des circonvolutions (centres moteurs corticaux) que sont emmagasinés les résidus des sensations musculaires dont nous tirons nos intuitions motrices... » « Les parties de la surface du cerveau, qui agissent comme centres moteurs, sont le siège... de la conception du degré et de la qualité de l'innervation musculaire, c'est-à-dire de ce qu'on a appelé Inductions musculaires, — Voici enfin comment, sur ce même sujet, s'exprime M. Ferrier [Functions ofthe Drain, cap. XI) » : « De la même manière que les centres sensitifs forment la base organique de la mémoire des impressions sensitives, et le siège de leur résurrection idéale, de même les centres moteurs des hémisphères, outre qu'ils sont le siège de mouvements différenciés, sont aussi la base organique de la mémoire des mouvements correspondants, et le siège de leur réexécution ou reproduction idéale. Nous avons ainsi une mémoire sensilive et une mémoire motrice, des idées sensitives et des idées motrices; les idée^ sensitives étant des sensations ravivées, et les idées motrices étant des mouvements ravivés ou idéaux, les mouvements idéaux ne forment pas un élément moins important de nos processus mentaux, que les sensations ravivées d'une façon idéale. — Contrairement aux vues qui viennent d'être exprimées, M. Bastian {Le cerveau organe de la pensée, t. II, 1882, pages 209, 165 et appendice) émet l'opinion que « les centres moteurs, où qu'ils soient situés, sont des parties dont lactivité paraît absolument libre de phases subjectives concomitantes ; il ne semble pas que des reproductions idéales aient jamais lieu dans ces centres... » « C'est le changement de conditions du muscle excité et des parties conliguës, changement occasionné parle mouvement, qui engendre un groupe d'impressions centripètes dont le Icrndnus est le centre kineslhélique (centre du sens du mouvement)... Celui ci est donc un véritable centre sen-