‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 19 sur 166 · HTSTÉRIB CHEZ LES JEUNES GARÇONS · texte numérisé non relu

HTSTÉRIB CHEZ LES JEUNES GARÇONS

Tautre sexe, plus tôt encore, de 10 à 12 ans, par exemple. L'hystérie peut se présenter, d'ailleurs, chez Tenfant, mAle ou femelle, avec tous les caractères de Vhysteria major. Comme exemple du dernier genre^ je pourrai citer le cas d'un garçon de 13 ans, que je vis en consultation, avec un médecin très distingué, mais qui fait montre de scepticisme à Tendroit de rhystérie en général^ et de Thyslérie chez Tenfant en particulier. En présence des attaques épileptiformes, il s'était demandé s'il n'y avait pas là épilepsie vraie ou consécutive à une affection encéphalique grave, une tumeur cérébrale, par exemple. Les attaques épileptiformes existaient, en eiïet, mais elles faisaient partie d'une série d'autres manifestations ; elles étaient suivies de grands mouvements, puis l'enfant se plaçait en arc de cercle, etc. Je fus témoin d'une de ces crises, je cherchai un point hystérogène, j'en trouvai un, en effet, dans le flanc gauche ; je le comprimai et les mouvements convulsifs cessèrent, bien que la connaissance ne revtnt pas.

Dans l'intervalle des attaques existait une hémihyperesthésie gauche ; ce garçon, du reste, avait l'air efféminé, était entouré de joujoux de petite fille. Je prescrivis les toniques, l'isolement pour le soustraire à l'influence de ses parents, qui le gâtaient trop, et l'hydrothérapie. La guérison ne se fit pas attendre plus de trois mois. Malheureusement cet enfant succomba trois ans après d'une péricardite consécutive à la scarlatine ; mais sans que les accidents nerveux se fussent reproduits.

Parmi toutes les observations connues d'hystérie chez les jeunes garçons, celle de MM. Bourneville et d'Ollier \ recueillie à Bicètre, est peut-être la plus remarquable, et par le soin

1. BoameTille et d'Ollier. — Recherches clin ignés et thérapeutiques iur PépUeptie, PhyêUne $t Vidiotie, 1881, p. 30

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avec lequel furent étudiées les particularités du cas, et par le caractère très accentué des phénomènes ; c'est un exemple d'hystéro-épilepsie, de grande hystérie dans toute la rigueur du terme. Il s'agit d'un enfant de 43 ans, né d'une famille dans laquelle se trouvaient plusieurs idiots épileptiques, et un enfant avec des instincts dépravés. Le sujet en question, au contraire, est doux et intelligent ; dans l'intervalle des attaques, on peut reconnaître qu'il est hémianesthésique gauche avec amblyopie, et qu'il présente trois zones hystérogènes (bregma, fosse iliaque gauche, région lombaire). Le point bregmatique est le plus sensible. Le moindre choc, le moindre frottement exercés sur ce point provoquent une attaque, et même les camarades du malade, ayant surpris le secret, se donnent souvent le malin plaisir de faire naître par ce moyen très simple les accidents convulsifs ; un forte pression arrèle d'ailleurs l'attaque avec la même facilité. L'attaque est régulière ; période épileptolde, période de grands mouvements avec attitude en arc de cercle, puis attitudes passionnelles avec cris violents. Il n'y eut, de novembre 4879 à décembre 4880, pas moins de 582 attaques, sans qu'il s'y ajoul&t de Tépilepsie, et sans qu'il persistAt aucun trouble intellectuel, malgré la répétition fréquente des accès.

Le cas de l'enfant que je vais vous montrer est moins complet, moins correct, moins riche, si je puis dire, en phénomènes très accentués ; c'est un cas de petite plutôt que de grande hystérie; pourtant je crois qu'il n'est pas moins intéressant, surtout en raison des circonstances au milieu desquelles s'est développée la maladie.

C'est un jeune israélite de 43 ans, originaire de la Russie méridionale ; tous ses parents sont en bonne santé, le père est très impressionnable et nerveux, mais sans rien de bien caractérisé. Vous voyez l'enfant vôtu de l'uniforme du Gymnase

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qu'il fréquente depuis trois aus, è*** (Russie méridionale) ; il a beaucoup travaillé, il est intelligent, a VœU vif, mais il est petit et très p&le. 11 se plaint, depuis plus d'un an, de douleurs de tète, mais seulement depuis 5 mois (en janvier) la céphalalgie est devenue intense, revenant tous les soirs, vers les cinq heures, suivie, peu après, d'attaques convul- ^ives.

Le diagnostic, paralt-il, fut hésitant ; on aurait parlé d'une lésion organique, et le pronostic aurait été déclaré très grave. Le père, qui aime son fils à la folie, a entrepris le voyage et la conduit à Paris, où il nous Ta amené, il y a déjà 15 jours, implorant une guérison qu'il n'a pu trouver dans son pays. Dès le premier examen, nous avons pu le rassurer ; l'afTection n'est pas grave, non seulement l'enfant vivra, mais on peut affirmer, sans crainte d'être démenti par l'événement qu'il guérira parfaitement.

Si nous considérons, en outre des autres circonstances de Tobservation, que ce jeune sujet est atteint d'une céphalée persistante, avec un point de sensibilité exagérée sur le vertex, que Ta crise, depuis cinq mois, revient tous les jours à la même heure, nous pouvons déjà présumer Yhystérie^ qu'un examen plus sérieux rend évidente. Dans les périodes intercalaires, on constate, en effet, que, du côté droit, il existe une hémianalgésie à la piqûre, au froid et à la faradisation ; le goût, l'odorat, l'ouïe, sont affaiblis de ce côté. Il se plaint de ne pas voir clairement de l'œil droit, et l'examen méthodique du champ visuel montre un rétrécissement particulièrement marqué à droite {fig. 16), et, de ce côté, il ne voit que le rouge. En outre, il y a des plaques d'hypéresthésie au crâne et au vertex (zone hystérogène) . Vers les 4 h. 1/2 ou 5 h. (vers les 6 h. 1/2 en Russie), la douleur de tête s'exaspère et lui donne la sensalion d'une plaie vive, puis viennent des tin-

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lemeols d'oreille ; il n'a paa ]a sensation de boule, mai» i sorte de conslriction thoracique.

L'altaqae est ordinairement coupée par la chloroformisalion . Abandonné à lui-même, il 8« couche sur le edié gauche, la

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