‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 30 sur 166 · PARALYSIE · texte numérisé non relu

PARALYSIE

Il nous sera facile d'établir, par contre, que les muscles innervés par le grand et le petit sciatiques, les deux troncs nerveux simulianément contus, sont, pour la plupart, profondément atteints. 1"* Le grand fessier est mou et flasque. Vous savez que ces muscles, d'après Duchenne, n'ont pas grand usage dans la station ; leur action se révèle quand il s'agit de mouvements qui exigent une action musculaire énergique, comme dans Tacte de monter sur une chaise. Vous voyez que notre malade est dans l'impossibilité d'accomplir cet acte sans appui, alors surtout qu'il veut l'exécuter avec le membre gauche. 2* Les muscles postérieurs de la cuisse, fléchisseurs de la jambe. 3*" Les muscles qui produisent la flexion plantaire et la flexion dorsale du pied sont aussi fortement atteints. Il est impossible au malade, par exemple, de se tenir sur la pointe du pied.

Ainsi, tous les muscles innervés par le grand et le petit sciatique, ou peu s'en faut, sont profondément affectés. Une telle impuissance musculaire pourrait à la rigueur s'expliquer, en admettant une lésion des tubes nerveux moteurs, développée au-dessous du point contus, en conséquence même de la contusion. Mais, cette explication ne peut plus être admise, si l'on considère que, de ce même côté gauche, le petit et le moyen fessiers, innervés par le nerf fessier supérieur qui, lui, émane directement des premières branches du plexus sacré, que ces muscles, dis-je, participent, eux aussi, à l'altération.

On sait, surtout d'après les recherches de Duchenne, que ces muscles ont pour action, dans la station et dans la marche, de fixer le bassin de manière à l'empêcher de s'incliner soit à droite, soit à gauche, suivant que c'est le muscle du côté gauche ou, au contraire, celui du côté droit qui agit.

Déjà, si nous considérons notre malade dans la station, nous

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remarquoDà que la créle iliaque est âîluée du côté droit, sur nn plan inférieur à celui qui passe par ia crête iliaque du cAté gauche. Le basân est donc iadiné à droite* et^ à cette indinaisou du bassin à droite correspond rabaissement relatif du grand trochanler droit et du pli fessier correspondant. Ajoutons que Fépaule droite est plus abaissée que la gauche, que Taxe rachidien est également légèrement incliné du côté droit. Cette inclinaison à droite du bassin permet d^jà de soupçonner rinsuffisance des muscles moyen et petit fessier du côté gan* che^ muscles dont la fonction serait d*abaisser la crête iliaque gauche, de manière à la placer au même niveau que la crête iliaque droite, ^insuffisance en question se révèle mieux encore si le malade détache du sol son pied droit, comme pcmr exécuter le deuxième temps de la marche ; vous Toyez qu'à ce moment, le bassin ainsi que le trochanter s'abaissent ducAté droit, plus encore que tout à Theure. Or, dans les conditions normales, au moment où le pied droit se détache pour exécuter le deuxième temps de la marche, le bassin devrait, par suite de Taction du moyen fessier gauche, subir plutôt un léger mouvement d'abaissement à gauche et d'élévation à droite, ce qui n*a pas lieu ici, tout au contraire.

Lorsque le malade marche, cette insuffisance du moyen fessier est mise dans tout son jour, à chaque pas, par un abaissement très prononcé de l'épine iliaque et du trochanter du côté droit ; il en résulte pour le bassin une série d'oscillations à grand rayon, très particulières et vraiment caractéris* tiques.

Les musdes moyen et petit fessier du côté gauche sont donc atteints et profondément atteints. Or, ces muscles sont innervés par le nerf fessier supérieur qui, par son origine, n*a rien de commun avec le grand et petit sciatique. Cette participation du nerf fessier ne peut guère s'expliquer qu'en faisant intervenir une lésion spinale.

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