MÉMOIRE AUDITIVE
obligé aujourd'hui de me dire les choses que Je veux retenir dans ma mémoire, pendant que f avais auparavant seulement à les photographier par la vue, »
Paris, le It juillet .893.
De ce fait, on pourrait rapprocher un autre cas que j*ai récemment observé, et où il s*agit d'un peintre Âgé de 56 ans, qui, il y a quelques mois, sans accompagnement d'aucun autre trouble morbide, remarqua, à son grand chagrin, qu*il avait perdu la faculté de se représenter, d'imaginer les choses et qu'il n'était plus bon qu'à copier; et encore pour copier est-il obligé de tenir le modèle constamment sous ses yeux, de façon à ne le point perdre de vue un seul instant.
L'observation de M. X. pourrait se passer de tout commentaire; nous nous bornerons à son sujet, à de très courtes remarques.
On a vu que la grande mémoire dont jouissait encore M. X., il y 9 dix-huit mc»is, reposait surtout sur la faoullé de représentation mentale visuelle qui, chez lui, éiait extrêmement développée. Sous ce rapport, il appartenait à cette catégorie d'individus dont parle M. Gallon \ qui lisent en quelque sorte mentalement, chacun des mots qu ils prononcent, cou^me s'ils les voyaient réellement imprimés; qui, par conséquent, lorsqu'il s'agit d'exprimer une idée par un signe du langage, évoquent V équivalent visuel A\i mut et non son équivalent auditif ; chez lesquels la représentation visuelle des objets est quelquefois tellement puissante qu'ils sont capables de projeter en quelque sorte sur le papier l'image intérieure et de l'y Gxer par le dessin. Lorsqu'elle est ainsi développée, celte faculté paratt être, suivant M. Galton, un don de famille, et, de fait, le frère, la sœur, le père de M. X. la possèdent tous à un haut degré.