‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 47 sur 166 · Cette leçon a été recueillie par MM. Marie et GniNON · texte numérisé non relu

Cette leçon a été recueillie par MM. Marie et GniNON

S. Ces observations sont rapportées in extenso dans un travail de MM. Marie etGuinon, intitulé : Sur guelqueS'Unes des /ormes cliniques de la myopO" ihie progressive pritnitive, {Revue de midecitief octobre, t8S5.)

Cbabcot. Œuvres complètes, t. m. Système nerveux. 13

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amyotrophies progressives demande à 6tre revisée à Taide de documents nouveaux, reconslituée môme en partie, sur de ifouveaux fondements. Aujourd'hui je ne pourrai vous offrir qu'un essai, une esquisse de cette tentative de reconstitution, me réservant, dans une occasion prochaine, je l'espère, de vous présenter un plan phis détaillé et mieux arrêté.

Dans le domaine des amyotrophies progressives, les choses sont plus complexes que nous ne l'avions d'abord imaginé. Keportons-nous un instant à mon enseignement d'il y a iO ans. La dénomination toute clinique d'atrophie musculaire progressive comprend, disions-nous alors, des affections différentes» que rapprochent seulement des ressemblances extérieures, superficielles, mais qui ont toutes ceci en commun, c'est qu'elles^ sont d'origine spinale, qu'elles dépendent, en d*autres termes, d'une lésion de la moelle épiniëre et plus particulièrement des cornes antérieures de la substance grise. Cependant il y a lieu d'établir, ajoutions-nous, dans ce groupe au moins deux divisions fondamentales, à savoir :

i* Les amyotrophies spinales deuiéropathiques, dans lesquelles la lésion de la substance grise est secondaire ;

2* Les amyotrophies spinales protopathiqucs dans lesquelles la lésion de la substance grise est le fait unique ou tout au moins le fait primitif, fondamental.

Dans ce premier groupe des amyotrophies deutéropathiques, BOUS établissions la distinction suivante. Tout d'abord viennent ces cas dans lesquels la lésion de la substance grise est un fait accessoire, accidentel, pour ainsi dire « ce sont les myélites diffuses, la sclérose en plaques, les tumeurs de la moell* épinière, Talaxie locomotrice, etc. On peut éliminer dans notre étude cette classe d'amyotrophies spinales, qu'il est généralement facile en clinique de rattacher aux maladies dont elle» dépendent. En scconti lion, viennent les cas dans lesquels la

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lésion des faisceaux blancs est primitive mais, toujours nécessairement suivie d'une lésion de la substance grise. Ici ce sont les faisceaux pyramidaux qui sont pris les premiers, puis, en second Heu, les cornes antérieures, dont la participation est un fait nécessaire. Quand ia maladie est constituée dans son entier, nous avons Taspect ordinaire de Tatrophie musculaire progressive à laquelle se serait surajouté l'élément spasmodique qui suffit à la distinguer. Ce groupe est nosologiquement distinct et très légitimement constitué ; il n*y a, àTheure qu'il est, rien à y ajouter, rien à en retrancher.

Quant à l'autre grande classe des amyotrophies spinales, nous avons proposé de la désigner cliniquement sous le nom à'atrophie musculaire progressive du type Duchenne-Aran. La lésion des noyaux gris moteurs, spinaux ou bulbaires est le fait unique, ou tout au moins primitif. S*il y a participation des faisceaux blancs, ce n'est que secondairement et accessoirement. C'est celte classe que l'on peut anatomiquement caractériser par la dénomination à' amy atrophie spinale protopa-ihique, ou mieux peut-être de poliomyélite antérieure chronique. Eh bien ! la constitution de celte seconde classe est moins homogène, il faut le reconnaître, que celle de la première. C'est elle qui est aujourd'hui en cause, elle qu'on cherche à ébranler jusque dans les fondements ; c'est contre elle que sont réellement dirigés les coups de la critique qui souvent portent jusle. U y a, dans cette catégorie, un remaniement à faire et des démembrements légitimes à opérer.

Ce n'est pas que les tentatives faites dans cette voie tendent à compromettre l'existence même du type nosographique Duehenne-Aran. Il existe en eOet réellement un genre d'atrophie musculaire progressive caractérisée anatomiquement par la lésion isolée des cornes antérieures de la substance grise de la moelle et cliniquement par l'amyotrophie. II est certain que l'on rencontre des cas dans lesquels le début, postérieur à la

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20* année, s'est fait par les membres supérieurs, par les mains, plus particulièrement par les éminences thénar et hypothénar, les altérations gagnant progressivement la racine du membre. On rencontre dans ces cas des secousses fibrillaires et la réaction de dégénérescence dans quelques-uns des muscles atrophiés. Ils se distinguent cliniquement de la sclérose latérale aroyotrophique en ce que la participation du bulbe, bien que réelle, y est plus rare que dans cette dernière affection et surtout en ce qu*il y a absence complète de Télément spasmodique et plus tard de la contracture. Autrefois, cette catégorie d'amyotrophies était très vaste ; mais le nombre des cas qui la constituent semble devenir de plus en plus rare depuis que, sous rinfluence détudes nouvelles et plus attentives, on les sépare en un certain nombre de formes distinctes, comme je Tai fait pour la sclérose latérale amyotrophique. Il en résulte que son domaine fort étendu, il y a peu de temps encore^ se limite de plus en plus, à mesure qu'on en extrait les éléments hétérogènes qui y avaient été annexés. Or, il s'agit justement de savoir ce que sont devenus, ce que tendent à devenir les cas que les recherches modernes détachent tous les jours du type Duchenne-Aran. Sous quelle forme nouvelle vont-ils se présenter à nous; dans quelle catégorie nosographiquc allons-nous les voir Ggurer ou pourrons-nous les faire entrer?

Messieurs, à côté des amyotrophies d'origine spinale, il existe toute une classe qui chaque jour s'agrandit, dans laquelle la myopathie progressive plus ou moins généralisée est indépendante de toute lésion des centres nerveux ou des nerfs périphériques. Il s*agit donc ici d'une maladie protopathique du muscle, d'une myopathie primitive. Comme exemple de ce genre d'affection, on peut citer Xh paralysie pseudo-hypertro^ phique ou myosclérosique de Duchenne (de Boulogne). On

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