PRATIQUES DE SI'IHITISME
mique, partage Texistence de son frère ; depuis plusieurs années, il a des tics variés qui occupent surtout la bouche, ainsi que vous pouvez en juger vous-mêmes.
Au mois d'août dernier, la famille tout entière se trouva réunie à l'occasion des vacances : le père et la mère vaquant à leurs occupations habituelles, les enfants jouant entre eux, dans la cour du pénitencier, presque toujours seuls, car les autres ménages d'officiers n'ont qu*un enfant âgé de 4 ans seulement. La vie dans l'intérieur d'une maison de délenlion doit être, avons-nous dit, fort monotone : en dehors des occupations ordinaires, il n'y a guère de distractions. Aussi, pour faire diversité à celle monotonie, les femmes des officiers principalement, suivaient-elles déjà depuis plus d'une année, et avec grand intérêt, les séances de spiritisme que l'amie de l'une d'elles venait présider tous les deux jours. Cette distraction était même très goûtée et le spiritisme comptait là de très fervents adeptes : en particulier, M. et Mme X... Celle dernière s'adonnait en outre, en dehors des séances, avec passion, à la lecture des livres traitant des sciences occultes, livres qu'elle n'hésitait pas à confier à sa fille. Quant à M. X..., que le spiritisme avait laissé d'abord fort indifférent, depuis le mois de mars 1883, il ne manquait jamais, tous les vendredis, de faire tourner la table, celle-ci lui ayant un beau jour et pour un vendredi, promis une médiumité à Taide de laquelle il pourrait évoquer l'&me de sa mère. C'est ainsi que Julie avait pu déjà assister à une séance de spiritisme pendant les congés de P&ques : elle n'en avait du reste nullement été troublée. Venue en vacances le 19 août, elle avait déjà pris part à plusieurs réunions dans lesquelles elle s'était bornée à appuyer les mains sur la table, lorsque, le vendredi 29, son père essaya à nouveau de savoir si son tour d'être médium n*étaitpas venu. Il interrogea la table et celle-ci, au lieu de le désigner comme il l'espérait, répondit : Julie sera médium. Toute la journée du
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vendredi fut consacrée à une séance presque ininterrompue. Le lendemain, à 9 heures du matin, on se réunit à nouveau, on évoqua diverses personnes, et vers 3 heures de l'aprèsmidi, la table ayant ordonné à Julie d'écrire, celle-ci saisit un crayon, mais, au même moment, ses bras se raidirent et son regard devint fixe. Le père effrayé lui jela un verre d'eau à la face : elle revint à elle, et sa mère, pressentant le danger, lui défendit de faire tourner de nouveau la table. Mais ceci ne faisait pas le compte de la voisine, dont Tamie était spirite et qui assistait à la séance en sa compagnie. Désireuse d'interroger Tûme d'un certain personnage laquelle, paraîl-il, était sœur de la sienne, elle emmena Julie chez elle et la séance recommença. Vers 7 heures, la table frappa, l'esprit se présenta el Julie lui dit : Vettillez signer votre nom. Aussitôt, elle-même, en sa qualité de médium, et sous Tinspiralion de l'esprit, saisit un crayon en tremblant et signa convulsivement : Paul Denis, avec un paraphe. L'écriture était celle d'un homme; le V et le D présentaient, en outre, des caractères si bizarres qiie la fillette ne put jamais depuis cette époque en tracer de semblables. La signature n'était pas plutôt terminée, que la main qui avait signé se convulsa : puis, Julie poussant un rire strident, se leva droite, el comme folle, délirante, se mit à courir par toute la maison en poussant des cris inarticulés : bientôt après, elle se roulait par terre, présentant une série d'attaques hystériques caractérisées surtout par du clownisme. Le lendemain et les jours suivants, les attaques reparurent très nombreuses, au nombre de 20 à 30 par jour. Les choses durèrent ainsi jusqu'au 15 novembre, Julie continuait à avoir ses crises et n'étant guère améliorée par l'application de divers moyens et en particulier de l'hydrothérapie.
Quelques jours auparavant, François, le plus jeune des garçons, qui, de même que son frère, s'était toujours fort désintéressé des pratiques de spiritisme, avait été pris de dou-